Économie
Grâce au circuit-court, le Moulin de Vencimont contrecarre la flambée des prix des matières premières
publié le:18/02/2022 00:23:00 - mis à jour: 21/02/2022 10:58:47
Le pain coûte de plus en plus cher, la faute notamment à la hausse des prix des matières premières. Pour y faire face, le Moulin de Vencimont mise sur la fabrication locale et le circuit court.
À Vencimont, petit village niché en Ardenne namuroise, le meunier ne dort presque jamais. Le moulin est l'un des rares en Wallonie à avoir gardé son utilité première: produire de la farine. Elle est faite à base d'épeautre et de froment. Depuis qu'il a relancé cette machinerie vieille de trois siècles, Ambroise De Greift gère toute la filière. Il est littéralement au four et au moulin.
Des céréales au système de stockage en passant par la meunerie et nos trois moulins. On a aussi une boulangerie qui nous sert de premier laboratoire.
À l'heure où le prix des matières premières explose, où l'énergie coûte de plus en plus cher, le meunier de Vencimont limite la casse. Grâce à sa fabrication locale et au circuit-court, il se sent moins dépendant des fluctuations mondiales des tarifs:
Avec nos fermiers, on a décidé d'établir nos prix un peu à l'ancienne en se tapant dans la main et en fixant les tarifs pour plusieurs années. Ils sont largement supérieurs aux prix du marché. Cela permet donc à tous les maillons de la chaine de garder la tête hors de l'eau.
Quasi en autarcie énergétique
Pour contrecarrer la flambée des prix de l'énergie, rien de tel que l'eau. En hiver, le débit des trois moulins permet de produire suffisamment d'électricité pour faire tourner l'entreprise. En été, les panneaux solaires prennent le relais. Mais il n'empêche que l'augmentation de certains coûts est impossible à absorber pour le meunier-boulanger vencimontois.
La hausse du prix du papier pour les sacs à farine, pour les caisses en carton...
Le prix de son pain a donc été directement impacté.
Il a augmenté de 20 à 25% en six ans. Mais il faut bien réaliser que l'on parle de produits de première nécessité.
Ambroise voit l'avenir avec optimisme. À cause des différentes hausses tarifaires, il reste persuadé qu'acheter local sera bientôt plus rentable financièrement que l'industriel.