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Grève des services d'aide à la jeunesse : "il y a des délais d’attente de 9 mois à 1 an pour une prise en charge"

publié le:30/06/2023 00:00:00 - mis à jour: 30/06/2023 12:05:48

Après de nombreuses villes, c’est au tour des SAJ et SPJ de Dinant de faire grève. Ils dénoncent un manque cruel de moyens qui met en danger les enfants.

Ce jeudi matin, les portes du SAJ et du SPJ de Dinant étaient closes. Les travailleurs entamaient leur deuxième jour de grève. Ils dénoncent un manque de moyens : pas assez de personnel pour toutes les demandes de prise en charge d'enfants en danger et pas assez de places, non plus, en service d'accueil, explique Joëlle Scarniere, conseillère de l'aide à la jeunesse.

Actuellement, il y a des délais d'attente allant de 9 mois à 1 an. Pendant ce temps-là, le délégué fait ce qu'il peut, les situations se détériorent. On en arrive parfois à des solutions de placement qu'on ne sait pas, non plus, mettre en application.

Un délégué pour 55 dossiers : une mesure jugée irréaliste

A Dinant, 50 enfants seraient en attente d'une prise en charge. Depuis 2014, chaque délégué est sensé gérer seul 55 dossiers de jeune en danger. Cette mesure est jugée irréaliste par les travailleurs qui ont vu leur charge de travail augmenter, ajoute-elle.

On se rend compte que ces normes ne sont pas respectées et surtout qu'elles ne sont plus adaptées au travail quotidien des délégués pour différentes raisons : des nouvelles tâches sont attribuées aux délégués et ils sont aussi confrontés à des situations de plus en plus compliquées qui demandent beaucoup de travail.

« Les travailleurs ont besoin d'être entendus et compris »

Les organisations syndicales ont rencontré à plusieurs reprises les travailleurs des 26 SAJ et SPJ de la Fédération Wallonie Bruxelles. Pierre Boulanger, secrétaire permanent CSC services publics explique qu'ils ont établi ensemble une liste de revendications qu'ils ont ensuite présentées à la ministre responsable.

Madame Glatigny nous a simplement répété qu'elle s'engageait à négocier, lors du prochain conclave budgétaire, 47 équivalents temps-plein mais qu'elle ne pouvait pas faire plus. Elle a mis en place un soutien psychologique pour les travailleurs en grève, ce qui a été très mal pris par ceux-ci. Ils estiment ne pas avoir besoin d'aide psychologique mais plutôt d'être entendu et compris.

Pour l'instant, aucune fin de ce mouvement de grève est annoncée. L'action se poursuivra au « finish ».

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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