Horeca

Hausse de la TVA sur les plats livrés et à emporter : l’horeca dans le flou

publié le:03/12/2025 16:52:00 - mis à jour: 05/12/2025 14:32:08

Le gouvernement fédéral veut faire passer le taux de 6 à 12% notamment pour les plats à emporter et livrés. Les restaurateurs redoutent un manque à gagner et s’interrogent déjà sur les hausses de prix.

S'il y en a un qui risque d'être impacté par la hausse de la TVA, c'est bien Ronald Didion. Son entreprise Pizza Ronaldo, dont le siège est à Havelange, ne propose que des plats à emporter, dans 19 distributeurs de pizzas. Il a été très surpris par cette annonce.

Je l'ai appris aux infos, comme tout le monde. Ça a été un petit coup de tonnerre. On ne s'attendait pas du tout à ça. La donne change, mais nous sommes dans le flou total, car on ne connaît pas encore toutes les spécificités de la nouvelle réglementation. On ne sait pas qui sera réellement concerné. 

C'est donc le flou… et déjà l'inquiétude monte chez certains restaurateurs qui redoutent l'impact. Faisons le calcul pour Pizza Ronaldo : ses pizzas coûtent en moyenne 12€. Avec la hausse de la TVA, cela représenterait 69 centimes par pizza. Multiplié par les 15.000 pizzas qu'il vend chaque mois, cela ferait une hausse des coûts mensuels de 10.350€. Lui, comme d'autres, réfléchit déjà à augmenter ses prix.

On va essayer d'encaisser un maximum la différence, mais on ne pourra pas tout absorber. À cela s'ajoutent les hausses de salaire prévues début 2026 et la hausse constante du prix des matières premières. À un moment, nous n'aurons pas d'autre choix que d'augmenter nos tarifs.

Il ne prendra cependant aucune décision avant d'avoir toutes les certitudes… encore très incertaines pour l'instant.

Les zones rurales plus impactées

La Fédération Horeca Wallonie déplore cette mesure et surtout son manque de clarté. Emmanuel Didion, le président, souligne :

Les politiques eux-mêmes nous confirment qu'ils sont dans le flou. Cela démontre un manque d'anticipation face à une annonce faite sans étude d'impact sérieuse. C'est évidemment très inquiétant.

Le problème est particulièrement préoccupant pour les zones rurales, comme dans la majorité du territoire de l'arrondissement de Dinant.

Si nous jouons sur les prix, nous risquons de réduire nos volumes. Et si le volume baisse, les marges s'amenuisent très rapidement. Dans les zones rurales, les exploitations sont plus petites et les marges plus étroites, ce qui rend la situation encore plus délicate. 

On devrait en savoir plus demain, avec de nouvelles discussions politiques sur le sujet. La Fédération Horeca reste néanmoins sceptique quant à la date d'application : le 1er janvier, initialement prévu, semble trop proche.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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