Agriculture
Houyet : les jardins d'âme-Hour en passe d'être labellisés bio
publié le:09/04/2024 16:51:00 - mis à jour: 09/04/2024 18:27:59
En Wallonie, un agriculteur sur six est un agriculteur bio. Une certification pas toujours évidente à obtenir. Il faut produire pendant trois ans pour pouvoir apposer le label sur les légumes.
Depuis 2018, Alexandre Pochet produit ses fruits et légumes de la manière la plus naturelle possible. Pour lui c'est un choix, mais surtout une philosophie de vie :
On utilise des désherbants alternatifs ou des moyens physiques pour éloigner les indésirables comme des voiles à insecte. On a aussi souvent pas mal de pertes. C'est le jeu.
Il y a quelques mois, Alexandre s'est lancé dans la procédure pour obtenir la certification bio. Un parcours qui devrait prendre trois ans avant d'obtenir le label. Une fois le label obtenu l'agriculteur peut alors percevoir des aides octroyées grâce à la certification. Un coup de pouce financier non négligeable. Une fois le label acquis, il faut savoir le maintenir et montrer patte blanche lors de contrôle surprise. Si la procédure aboutit, Alexandre sera labellisé bio en 2027. Une marque de reconnaissance pour le travail réalisé par le maraîcher houyétois depuis le début de son activité, il y a 6 ans.
Le blues du secteur
Dans le tout premier baromètre de l'union des agriculteurs bio de Wallonie, l'union parle de la toute première crise du secteur qui passe par plusieurs points : le chiffre d'affaires en baisses et le manque de reconnaissance. En Wallonie, un agriculteur sur six est un agriculteur bio. Face à cette situation l'union des agriculteurs bio wallons a souhaité tendre le micro aux agriculteurs pour les interroger sur leur ressenti.
Le premier élément qui ressort est un manque de reconnaissance. Ils estiment que l'information du grand public sur ce qu'est l'agriculture biologique est insuffisante. Ils identifient une volonté politique trop faible en faveur de la bio. Ils estiment que le bio c'est un choix individuel qui sert l'intérêt collectif et qui n'est pas assez reconnu.
Ensuite, le baromètre pointe que 49% des répondants ont constaté une baisse de chiffre d'affaires entre 2019 et 2023. Pour 10% d'entre eux, cette baisse est même critique. 58% des répondants estiment qu'une augmentation des aides bio est nécessaire à la survie de leur exploitation. Pour 40%, une aide d'urgence serait même nécessaire.
Enfin, 80 % des répondants déclarent être fiers d'être en bio. Ils ne sont en outre que 25% à avoir une vision optimiste de l'évolution des filières bio, et c'est là tout et on peut y voir une réelle résilience, 30% des répondants souhaitent continuer d'investir dans leur ferme en bio. Pour l'union, le secteur du bio, de par son engagement, dans une démarche positive devrait être mieux valorisé.
Une chose est certaine, la mobilisation agricole de ces dernières semaines a eu le mérite de replacer l'agenda agricole au premier plan des préoccupations citoyennes. Reste à prendre en compte l'ensemble du secteur sous toutes ses formes en considération.