Polémique

L'abattoir communal de Gedinne au centre des critiques de l'opposition

publié le:25/01/2021 15:34:00 - mis à jour: 26/01/2021 16:31:51

L'abattoir est déficitaire chaque année. Qui plus est, il est régulièrement visé par l'AFSCA pour certains manquements. L'opposition propose d'en construire un nouveau mais la majorité est contre.

Pointé du doigt par l'ASFCA, l'agence fédérale pour la sécurité de la chaine alimentaire, l'abattoir de Gedinne va devoir fermer quelques jours pour être à nouveau conforme d'un point de vue sanitaire. Jérôme Baikrich, l'un des employés de l'établissement, confirme:

C'est à cause de carrelages fissurés, d'une plinthe manquante ou encore des taches de rouille. Ce n'est pas la première fois que l'on est visé par l'ASFCA et ce ne sera pas la dernière. C'est normal, le bâtiment est vieux. Il date des années 50 et les derniers gros travaux effectués remontent à 25 ans, il me semble. A l'époque, on a simplement mis des rustines sur les murs. L'idéal serait évidemment d'en refaire un nouveau. 

Construire un abatoir flambant neuf, c'est aussi la proposition avancée par l'opposition communale pour gagner en rentabilité. Il faut dire que l'établissement coûte chaque année entre 70.000 et 80.000€ à la commune. L'Écolo Quentin Jacques voudrait profiter de la potentielle arrivée d'un nouvel atelier de découpe à Gedinne, géré par la coopérative CoFArMe, pour déménager dans le zoning économique. 

L'objectif n'est pas forcément de faire du bénéfice mais d'être au moins à l'équilibre. Avec l'atelier de découpe, cela permettrait de faire des économies d'échelle sur les frigos, sur le personnel, sur les infrastructures,... 

Bien conscient du manque de rentabilité, Vincent Massinon, le bourgmestre gedinnois vient d'augmenter les tarifs de son abattoir. Mais il ne veut pas entendre parler d'un nouvel établissement aux frais de la commune. 

On sait que l'abattoir nous coûte de l'argent. On essaye petit à petit de remonter les prix sans tuer les éleveurs, soit nos clients. Les frais de fonctionnement sont de plus en plus élevés également, on doit suivre cette évolution pour rattraper le retard que l'on a depuis des lustres. C'est une façon d'aider le secteur de la viande de la commune.

"Normalement pas le rôle d'une commune" 

Pour Quentin Jacques, ce nouvel abattoir est indispensable. Pour le financer, on parle de plusieurs millions d'euros, il faudrait imaginer un partenariat privé-public et associer les communes voisines de Gedinne.

Il ne s'agit pas d'avoir un outil industriel surdimensionné comme les abattoirs de Ciney ou de Rochefort. Il faut qu'il soit à la taille du public de la région. Il faut savoir, par exemple, que les éleveurs de CoFArMe ne viennent pas abattre ici parce que l'établissement n'est pas assez grand pour leurs besoins.

Gedinne fait partie des rares communes qui possède toujours un abattoir dans ses attributions, son bourgmestre le conserve uniquement parce qu'il est là.

C'est quelque chose de hors-normes pour une commune de posséder un abattoir. C'est comme si on possédait un supermarché et qu'on voulait faire des bénéfices. Or, ce n'est pas notre boulot en tant que commune. 

Chaque semaine, une centaine de bêtes sont abattues dans l'établissement gedinnois qui compte quatre employés.  

 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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