Jeunesse

L’Eurodyssée ou comment les jeunes cinaciens expérimentent l’Europe

publié le:03/03/2025 12:07:00 - mis à jour: 03/03/2025 17:20:26

Depuis 1987, l’institut Saint-Joseph de Ciney organise un échange avec des écoles européennes. Nous en avons profité pour demander aux jeunes quel rapport ils entretiennent avec l’Europe.

Toute la première semaine des congés de détente, l'institut Saint-Joseph de Ciney a vécu au rythme de l'Eurodyssée, un programme d'échange entre écoles secondaires européennes. Les Cinaciens recevaient leurs homologues portugais, espagnols, grecs, slovaques ou encore hongrois avant de leur rendre visite dans quelques semaines ou dans quelques mois.

 

Le « Journal sur pause » s'arrête sur cet événement pour se poser cette question : quel rapport les adolescents d'aujourd'hui entretiennent-ils avec l'Europe ? Pour y répondre, autour de la table trois jeunes et un moins jeune, trois Belges et un Slovaque, Tadeaš Košik (Slovaquie), Félix Roulive (Belgique), Pablo Perez de Paz (Belgique) et Thomas Ferrard, professeur d'Anglais à l'Institut-Joseph de Ciney. 

 

 

Premier constat, les jeunes Européens se ressemblent. Les deux soirées organisées pendant la semaine l'ont prouvé : ils écoutent les mêmes musiques et dansent sur les mêmes chorégraphies. Félix Roulive : 

 

La soirée de clôture, c'était vraiment génial, comme tout le monde était ensemble, on dansait ensemble, alors qu'on habite tous à des centaines, voire des milliers de kilomètres. Et qu'il y a une semaine encore, vous ne vous connaissiez pas. Tout le monde était pareil, même si les cultures sont différentes. 

Deuxième paramètre, les jeunes Européens se comprennent. Derrière l'Eurodyssée, il n'y a pas d'objectifs pédagogiques directs, on peut « baragouiner » en Anglais pour se comprendre. Thomas Ferrard, professeur d'anglais le reste de l'année, bouche ses oreilles : 

 

Le côté linguistique vient par la force des choses, parce que pour communiquer, on échange. Tadeaš, par exemple, parle très bien français. Il y a d'autres élèves qui parlent anglais, il y en a qui parlent un petit peu des deux, d'autres qui parlent avec les mains et qui finissent par se comprendre. Et puis maintenant, il y a aussi les applications qui permettent de parler dans le téléphone et que le téléphone parle en traduisant en français directement. Donc, quand on a le désir de communiquer, on trouve le moyen. 

 

L'expérience de l'Europe

 

Pour se sentir européen, il faut faire l'expérience de l'Europe. L'Eurodyssée n'a pas d'autre prétention que de ramener l'Europe à hauteur d'adolescent. Thomas Ferrard explique : 

 

L'Eurodyssée essaie de créer l'Europe des gens, la nôtre. Nous, on n'est pas dans l'institutionnel mais sur le terrain, avec des jeunes. Quand on les mélange, ils apprennent à se connaître, ils cassent les clichés. Et ça permet, à ce moment-là, de se rendre compte que, de l'autre côté de l'Europe, il y a d'autres jeunes qui ont aussi envie de faire la fête, de se rencontrer, de découvrir des choses. 

Ces jeunes ont cassé les frontières. En rencontrant des jeunes de tous les pays, les frontières tombent. Ici, on a repris depuis trois ans après la crise du Covid, et j'ai l'impression que les jeunes ont vraiment besoin de retrouver un côté positif. On entend beaucoup de choses négatives, de repli sur soi, dans certains pays, en Hongrie notamment, et je pense que ça fait du bien d'avoir de l'ouverture. 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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