La suppression de cette 7ème année fait partie des mesures annoncées par le nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, contre laquelle les enseignants ont manifesté il y a quelques jours.
Dans le laboratoire atelier de l'Institut Saint-Joseph de Ciney, une dizaine d'élèves apprennent à réparer une chambre froide. Ils suivent la 7ème année en technique de qualification pour devenir techniciens en climatisation et conditionnement d'air. La plupart d'entre eux ont d'abord suivi une formation d'électricien ou de chauffagiste dans l'enseignement secondaire, comme Romain Grégoire, 18 ans.
Cela fait déjà deux ans que je suis à Saint-Joseph, où j'ai été diplômé comme technicien chauffagiste. J'ai décidé de poursuivre avec une année supplémentaire en climatisation pour avoir une corde en plus à mon arc. Grâce à cette formation, je sais que quand je vais sortir de l'école en juin, je n'aurai pas trop de difficultés à trouver un boulot.
7 à 8 millions d'euros d'économie
Pourtant, la formation de technicien en climatisation et conditionnement d'air va disparaître en septembre 2025. C'est une des mesures annoncées par le nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui va supprimer un bon nombre de 7ème année dans l'enseignement qualifiant. L'objectif derrière cette mesure est de rediriger les jeunes qui ont obtenu leur CESS vers des centres de formation comme l'IFAPME, explique Valérie Glatigny, Minsitre de l'Enseignement.
Si on garde toutes ces 7èmes, il y aura beaucoup de doublons et cela coûtera beaucoup d'argent. Cela représente environ 7 à 8 millions d'euros, donc c'est une grosse économie. Mais ce qui nous motive, ce n'est pas le coût, c'est surtout le fait qu'il existe déjà des formations pour adultes qui peuvent être mieux calibrées.
Mauvaise nouvelle pour les jeunes
Pour les élèves de l'Institut Saint-Joseph qui projetaient de suivre la 7ème année en climatisation l'année prochaine, la nouvelle est tombée comme un coup de massue. Dans la classe de 6ème année de technicien en installations thermiques, 9 élèves sur 10 comptaient suivre cette formation. Guillaume Tasiaux en fait partie.
On est très embêtés, on ne sait pas vers quoi on va se diriger. On doit trouver une alternative, mais la seule piste qui s'offre à nous est un bachelier. Donc on va devoir faire en plusieurs années ce qu'on aurait pu faire en un an, ce qui représente un coût. On a aussi la possibilité de le faire en cours du soir, mais cela ne convient pas à tout le monde.
Le métier de technicien du froid est considéré comme une fonction critique par le Forem, en pénurie de main d'oeuvre depuis plusieurs années. L'IFAPME de Dinant propose, en effet, une formation de trois ans dans ce domaine.
Mais l'Institut Saint-Joseph de Ciney est la seule école secondaire de la Province de Namur à former les jeunes dans cette profession en un an, précise Olivier Callens, directeur de l'Institut Saint-Joseph D2-D3.
A ma connaissance, il existe deux ou trois autres écoles qui proposent la même formation dans d'autres provinces. Mais c'est assez rare. Supprimer ces 7èmes années, c'est vraiment faire une croix sur ce qui est recherché par de nombreux employeurs dans la région.
Toutes les options ne sont pas concernées
Dans cette école cinacienne, la 7ème année en climatisation et conditionnement d'air est la seule option qui va disparaître l'année prochaine. Dans d'autres écoles, le nombre de suppressions est bien plus important.
Mais Valérie Glatigny se veut rassurante: toutes les 7èmes années ne vont pas disparaître. Il existe des exceptions pour les métiers d'opticien, prothésiste dentaire, assistant au métier de la sécurité, puéricultrice ou encore aide-soignante. Selon la ministre de l'enseignement, près de 500 élèves seraient concernés par la suppression de la 7ème année en Fédération Wallonie-Bruxelles.