À la ferme de Grange, 500 000 € ont été investis pour produire localement des farines agroécologiques avec un procédé artisanal, relocalisant ainsi toute une filière du champ au moulin.
À la ferme de Grange, ce ne sont pas moins de 16 farines différentes qui sont produites. Et pas avec n'importe quels moulins : ici, on travaille avec des meules équipées de pierres Astrié, un procédé artisanal particulièrement respectueux du grain. Grégoire Halot, le meunier, explique :
En fait, la pierre du dessus du moulin n'est pas collée au grain. Elle est un peu en lévitation et c'est moi qui vais, avec la manivelle, faire descendre la pierre pour ne pas que le grain soit écrasé. On dit que le grain va être déroulé. L'intérêt, c'est de garder un maximum de qualités nutritives du grain.
Une filière relocalisée, du champ au moulin
Cela fait près de quatre ans que la ferme s'est lancée dans la culture de céréales panifiables, avec une approche agroécologique respectueuse des sols. Guirec de Wouter, responsable de la ferme de Grange, revient sur les débuts :
Comme la plupart des agriculteurs en Belgique, on ne sait pas vraiment à quoi sont destinées nos productions. Alors il y a des statistiques. Maintenant, on le sait : seulement 11 % des céréales cultivées en Belgique sont destinées à faire du pain. Il y a énormément d'imports, évidemment, qui viennent de Pologne et d'ailleurs.
Face à ce constat, l'équipe a voulu redonner du sens à son activité agricole :
On s'est dit qu'on allait relocaliser l'alimentation. On s'est donc lancé dans la culture de céréales panifiables. Et comme on le faisait en agroécologie, il n'existait aucune filière adaptée à nos besoins.
Avec d'autres agriculteurs et la coopérative Farm for Good, la ferme de Grange a participé à la recréation d'une filière de farine agroécologique.
500.000 euros d'investissement
Cette année, l'équipe est passée à la vitesse supérieure : un investissement de 500 000 euros, avec le soutien du fonds FEDER, a permis d'installer un deuxième moulin et d'adapter l'espace de stockage.
Dans un hangar, on trie les grains, on les décortique, on fait des prélèvements, des échantillons d'analyse. Dès que ça arrive dans l'autre pièce, c'est stocké dans des silos ventilés, ce qui nous permet de réguler température et hygrométrie. Ensuite, on passe au brossage à la demande, puis à la mouture dans le local de meunerie.
À terme, la ferme vise une production annuelle de 230 tonnes de farine. Mais pour cette première année, 180 tonnes suffiront pour atteindre le seuil de rentabilité. Ces farines sont aujourd'hui vendues dans 200 magasins, aux particuliers comme aux boulangers.