Urbanisme
La ville de Ciney chasse les logements inoccupés
publié le:03/02/2023 14:03:00 - mis à jour: 07/02/2023 19:12:53
Pour enrayer la problématique des logements vides, une taxe sur les bâtiments inoccupés existe dans l’arsenal communal. À Ciney, en quatre ans, 300 bâtiments inoccupés ont été repérés.
La commune de Ciney cherche à diminuer les cellules commerciales ainsi que les logements inoccupés. Les demandes de logements augmentent chaque jour et certains propriétaires refusent de mettre leur bien en vente ou en location. Depuis le début de la législature, 250 à 300 dossiers ont été ouverts par la capitale du Condroz pour pousser les propriétaires à réagir, explique Guy Milcamps, échevin en charge du logement à Ciney :
Notre source principale est le service population et l'état civil. On détecte le fait que depuis un an, deux ans, parfois dix ans, il n'y a pas eu de domiciliation à ce numéro-là. On a aussi l'appui des agents de quartiers qui peuvent aller sur place voir si effectivement le logement est vide ou pas.
Lorsqu'une habitation inoccupée est repérée, la Commune tente de comprendre pourquoi la personne ne loue pas son bien. Si la raison ne lui semble pas justifiée, une taxe est demandée. C'est d'abord 170€ du mètre courant par an et par étage. L'année suivante, elle passe à 210€. La troisième année, elle passe à 270€ par an, qui est le plafond légal, ajoute l'échevin :
En général ça fonctionne. Les gens ne sont pas masos et préfèrent ne pas payer une taxe. On commence alors un dialogue plus ou moins constructif avec le propriétaire pour comprendre les raisons et trouver des solutions.
Plus de 45.000 logements inoccupés en Wallonie
Grâce à un outil de croisement de données, une chercheuse de Liège a démontré qu'en Wallonie 45.000 logements privés sont vides et ce chiffre est en deçà de la réalité, détaille Mathilde Flas, assistante doctorante à l'université de liège:
Il y a des propriétaires qui possèdent plusieurs logements et qui font de la spéculation, mais c'est assez rare. On a plutôt de la petite vacance ordinaire. C'est-à-dire des propriétaires qui ont peur de mettre leur logement en location parce qu'ils ont peur d'avoir des dégâts, mais il y a des alternatives qui existent comme les agences immobilières sociales. Elles peuvent s'occuper de la gestion locative. Un cas plus problématique : les logements inoccupés parce qu'ils sont en mauvais état. Le propriétaire n'a pas toujours les moyens de faire lui-même les frais pour rénover le bien. Dans ces cas-là, il faut prendre contact avec la Commune qui peut les guider vers des aides ou alors les inciter à revendre, même si ce n'est pas toujours évident, parce qu'on est attaché au bien.
La consommation d'eau et d'électricité pour repérer les logements inoccupés
À Ciney, pour l'année 2022, 36 dossiers ont été clôturés. Cependant, une nouvelle législation permet aux communes d'avoir accès aux consommations d'eau et d'électricité des bâtiments. L'outil est nouveau et la Commune vient de recevoir le premier listing pour l'année 2022. Ces données font ressortir à Ciney plusieurs dizaines de biens qui seraient inoccupés.
Néanmoins, en utilisant ces nouvelles données, les villes doivent être prêtes à reprendre la gestion du bâtiment si une solution n'est pas trouvée. Malheureusement, l'échevin explique que ce n'est pas financièrement possible. La capitale du Condroz ne peut donc pas exploiter ce nouvel outil comme elle le voudrait. Des villes plus grandes comme Namur vont plus loin et poursuivent les propriétaires. Ciney qui n'a pas autant de moyens financiers mise plutôt sur le dialogue.