Energie
La Wallonie ouvre (un peu) la porte à l'agrivoltaïsme
publié le:31/03/2024 13:44:00 - mis à jour: 02/04/2024 08:39:59
Le gouvernement wallon vient de voter une nouvelle circulaire relative aux permis d'urbanisme pour le photovoltaïque qui pourrait ouvrir un peu la porte à quelques projets agrivoltaïques. Explications.
Le seul champ photovoltaïque qui prend le soleil en Wallonie se situe le long de l'autoroute E411 à hauteur de Wierde. Pour les promoteurs, on peut parler d'un petit miracle, car ils sont les seuls à avoir reçu un permis d'urbanisme pour ce type de projet sur une surface agricole en Wallonie. Mais la Région vient de voter une circulaire relative aux permis d'urbanisme pour le photovoltaïque qui pourrait entrouvrir quelque peu la porte pour ce genre de projet. Willy Borsus, ministre wallon de l'Agriculture parle alors de quelques projets pilotes qui pourraient occuper des surfaces agricoles. Selon certaines conditions strictes, précise le ministre :
Ces projets devront être compatibles avec le modèle agricole wallon. Ils doivent être étudiés et organisés avec un centre de recherche ou une université. Je m'oppose aux "projets agrivoltaïques alibis" avec des moutons ou encore du maraîchage qui sont secondaires par rapport aux panneaux photovoltaïques.
Craintes de la FUGEA sur le prix des terres agricoles
Cette nouvelle circulaire n'est pas vue d'un bon oeil par la FUGEA. La fédération unie de groupements d'éleveurs et d'agriculteurs voit, en ces projets agrivoltaïques, un impact négatif sur le secteur agricole et plus spécifiquement sur l'accès au foncier. Thomas Huyberechts est chargé de mission politique à la FUGEA :
Le propriétaire de terres peut toucher entre 2.000 et 4.000 euros de l'hectare pour de l'agrivoltaïsme, alors que le loyer que paie un agriculteur pour de la terre est d'environ 200 euros pour un hectare en Wallonie. Avec des revenus sur de la terre agricole dix à vingt fois supérieurs, l'agrivoltaïsme pourrait donc faire flamber le prix des terres qui est déjà trop élevé en Wallonie.
Si la nouvelle circulaire ouvre la porte à quelques projets pilotes de panneaux photvoltaïques sur des surfaces agricoles, elle préconise avant tout la couverture d'autres surfaces déjà minéralisées, telles que des parkings ou encore des zones économiques désafectées. La circulaire encourage également la traditionnelle pose de panneaux sur les toitures de bâtiments.