Consommation
Le bio n'a plus la cote : Grégoire Pochet, maraîcher à Havrenne, le ressent
publié le:14/03/2023 11:39:00 - mis à jour: 15/03/2023 11:25:53
Photo : Pixabay
Le bio n'a pas la cote ces derniers mois. Le secteur subit une récession après une période plus favorable durant la crise Covid. Grégoire Pochet, maraîcher bio à Havrenne, ressent ce tassement actuel.
Tous les signaux ne sont pas au vert pour Grégoire, maraîcher bio à Havrenne, dans la commune de Rochefort.
Ces derniers temps, le bio semble être un peu boudé par les consommateurs. Le maraîcher constate une baisse au niveau de ses ventes de légumes :
Depuis deux à trois ans, on constate un léger tassement pour le bio. Durant la période Covid, nous avons constaté un regain d'intérêt pour le bio, et le circuit-court en particulier. Cet effet est vite redescendu, et à un niveau en dessous de l'avant Covid.
Pour tenir l'équilibre face à cette demande en baisse pour le bio, le maraîcher est contraint de réduire sa production :
Nous vendons essentiellement en circuit-court. Je ne peux pas me permettre de produire des légumes que je n'arriverai pas à écouler. Cette année, j'ai prévu de produire un peu moins pour coller à la demande en baisse.

Baisse du nombre de conversion d'exploitations agricoles conventionnelles vers le bio
S'il n'y a pas encore de données précises pour 2023, les chiffres en 2022 indiquent une récession pour le bio. Une tendance européenne qui n'épargne pas la Wallonie, précise Philippe Grogna, directeur de Biowallonie :
Quand il y a une baisse du pouvoir d'achat, le consommateur est plus regardant au prix de son alimentation. Cela est aussi amplifié parce qu'il y a un écart de prix plus important entre le bio et le conventionnel qu'auparavant dans certains vecteurs de commercialisation.
Parmi les conséquences : on peut remarquer que plusieurs points de vente de produits bio en Wallonie ont été contraints de fermer. Il y a également une forte baisse du nombre de conversion d'exploitations agricoles conventionnelles vers le bio, poursuit Philippe Grogna :
Cette baisse est significative dans la mesure où on pouvait observer une augmentation linéaire du nombre de conversion depuis 2008. Nous observons pour la première fois depuis cette date un tassement du nombre de conversions et de la consommation bio.
Toutefois, les observateurs du marché voient un retour à la normale se profiler pour le secteur bio dans les prochains mois.
Une crise parmi d'autres qui, in fine, n'a aucune influence sur la croissance des légumes de Grégoire. Car, dans sa petite entreprise à taille humaine, le maraîcher garde, quoi qu'il arrive, la maîtrise sur sa production et son écoulement.