Patrimoine
Les mauvaises herbes pourraient-elles mettre en danger le chemin de fer du Bocq?
publié le:02/11/2021 12:00:00 - mis à jour: 17/11/2021 17:14:00
La lutte contre les mauvaises herbes va-t-elle mettre fin à l’exploitation du chemin de fer du Bocq? Depuis l'interdiction d'utiliser des pesticides en Wallonie, l'entretien des voies ferrées est compliqué.
A Spontin, entre les hautes herbes et les plantes, deux rails de fer se dessinent. A certains endroits, on devine à peine la ligne de chemin de fer du Bocq, qui relie Ciney à la commune d'Yvoir. Seize kilomètres à entretenir, sans aucun pesticide depuis l'interdiction de les utiliser en 2019, la situation devient ingérable pour les bénévoles qui l'exploitent.
Alain Defechereux, bénévole de l'asbl "Patrimoine Ferroviaire et Tourisme" explique la problématique à laquelle l'association est confrontée:
Lorsque les herbes sont trop hautes, elles viennent se coucher entre les rails et la roue du train. Quand le convoi passe dessus, un liquide gras est secrété par la plante écrasée. Cette huile risque de faire glisser le train qui abime par la même occasion les voies.
Depuis l'interdiction de 2019 d'utiliser des pesticides en Wallonie, le chemin de fer du Bocq a testé de nombreuses alternatives, sans résultat probant. La loi met aujourd'hui en péril l'exploitation touristique de la ligne. Car au-delà de l'entretien, il y va aussi de la sécurité des passagers.
On espère pouvoir préserver ce patrimoine et toute l'activité qui y est liée. Le fait de ne plus pouvoir traiter la végétation est vraiment le grain de sable dans la mécanique qui pourrait tout bloquer. Alors ça peut paraître insignifiant, mais c'est ce qui va nous empêcher d'entretenir ce patrimoine et de développer son activité économique et touristique. Bientôt, on ne pourra plus faire rouler nos trains pour des raisons de sécurité.
Personne, sauf Infrabel!
L'ensemble des gestionnaires de chemin de fer ont sollicité une dérogation pour l'entretien de leurs lignes. La Wallonie a refusé cette dérogation pour tout le monde, à l'exception du gestionnaire ferroviaire, Infrabel. Pour les bénévoles du Bocq, il s'agit d'un non sens et d'une décision discriminatoire.
On n'a pas vraiment compris la démarche. Une société qui a plusieurs millions à disposition peut éventuellement faire face à ce genre de problème, ce qui n'est pas le cas des associations sans but lucratif. Ici, il y a un impact sur le tourisme, la culture, le patrimoine, mais également l'emploi car nous avons aussi des employés.
Des recherches sont en cours à l'institut agronomique de Gembloux pour trouver un substitut aux pesticides moins nocif pour l'environnement. En attendant, l'asbl souhaiterait pourvoir pulvériser à nouveau. Il en va, selon eux, de la survie du patrimoine local.