Province
Le Collège provincial passe finalement le domaine de Chevetogne en régie ordinaire
publié le:06/08/2021 13:58:00 - mis à jour: 08/08/2021 11:09:11
Le Collège provincial a décidé hier après-midi de passer le domaine de Chevetogne en régie ordinaire. Depuis plusieurs mois, un bras de fer avec le personnel est en cours sans qu'une issue soit trouvée.
Le domaine de Chevetogne sera-t-il une régie autonome ou une régie ordinaire ? Le Collège provincial a décidé de ne pas décider. Il y a quelques jours, le projet de régie autonome du conseil provincial a été cassé par le ministère de tutelle. Tel que présenté, le projet ne donnait aucune garantie sur le statut des salariés de cette régie, ni sur le budget prévu pour le fonctionnement du parc. Cette décision de la tutelle était clairement vue par la députée Geneviève Lazaron (chH) comme un jeu politique du Parti socialiste, opposé au projet. Suite à cette décision, les députés reviennent donc au plan de départ: une régie ordinaire, en tous cas, le temps des négociations, lâche Jean-Marc Van Espen, le président-député de la province de Namur:
Cette décision est une façon de conforter notre souhait de passer en régie et de ne pas casser la relation sociale avec le personnel de Chevetogne. Cela permettra de gagner du temps pour la concertation qui était devenue très difficile. La régie autonome n'est pas nécessairement abandonnée pour autant.
La régie ordinaire a ses avantages
En attendant une décision définitive, ce passage en régie ordinaire a un avantage pour les salariés, car ils restent des agents provinciaux. Les grèves successives du domaine portaient en partie sur la crainte de voir leur travail en quelque sorte privatisé. Une régie autonome se gère à travers un conseil d'administration, sous un régime plus proche du fonctionnement de l'entreprise privée. Les employés ne sont pas contre l'idée d'une régie autonome, mais les incertitudes qui règnent autour de ce projet sont trop nombreuses. Cette régie ordinaire est donc une bonne nouvelle pour Renaud Deneffe, le délégué syndical CGSP du domaine de chevetogne. D'un autre côté, c'est aussi l'arbre qui cache la forêt:
En ce qui concerne la pérennité du parc, le personnel est dans le flou. Est-ce que le parc va continuer? Est-ce qu'il sera vendu d'ici deux ans ou plus tard? On ne sait pas si on va rester au parc ou être transféré dans un autre service de la Province. On n'en sait pas beaucoup plus sur l'avenir.
Un budget trop bas
La province prévoit un budget de 4 millions d'euros pour le parc. C'est trop peu pour la direction et le personnel. Tous espèrent un passage du domaine en musée vert. Un projet proposé voilà plus d'un an par le directeur du parc et qui n'a pas encore trouvé de réponse au sein du Collège. En effet, cela permettrait d'obtenir des fonds européens non-négligeables et de sortir de la dynamique de restriction budgétaire en cours. Pour le député Van Espen et ses collègues, la question n'est pas encore tranchée:
Ce qui freine, c'est que ce musée vert placerait le parc dans un processus plus contraignant. Grosso modo, le domaine passerait en zone natura 2000, cela limitera donc les possibilités de développer des activités sur les hectares de forêt du parc. On partage la vision, mais on ne partage pas forcément l'idée de respecter toutes ces contraintes.
Le Collège provincial assure qu'il étudie toujours le dossier "musée vert". Des rencontres avec plusieurs organes décisionnaires sont prévues comme le département de la nature et des forêts. Aucun calendrier pour ce dossier n'est avancé. Il semblerait que dans la saga Chevetogne, on est encore loin de l'épilogue.