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Les métiers manuels ne séduisent plus les jeunes

publié le:04/12/2022 12:00:00 - mis à jour: 05/12/2022 12:49:23

Cette année seuls 300 jeunes se sont inscrits à l'IFAPME de Dinant alors que le centre pourrait en accueillir le double.

Maçon, électricien, couvreur… Les métiers manuels connaissent une importante pénurie de professionnels. Une situation qui n'est pas près de s'améliorer. Dans les écoles et les centres de formations professionnels, les bancs sont vides. À l'IFAPME de Dinant, à l'atelier de pose d'ardoises, les élèves ne sont pas nombreux. Parmi eux, Benjamin et Diego, ils sont en deuxième année de formation couvreur.

En choisissant de suivre cette formation, ces jeunes de 19 ans sont déjà assurés de décrocher un emploi dès la fin de leur apprentissage, explique Diego.

Mon patron m'a déjà proposé un emploi. Je sais que les entreprises et les patrons recherchent beaucoup d'apprentis et d'ouvrier qualifié dans mon domaine.

La plupart des métiers manuels connaissent une pénurie. Pourtant, ils ne sont que cinq à suivre cette formation à Dinant, déplore Kevin Bois d'Enghien, formateur couvreur à l'IFAPME.

Cela ne s'explique pas ! Il y a beaucoup de travail, beaucoup de chantiers. Nous devons aller chercher de la main-d'œuvre étrangère alors que nous pourrions former nos jeunes ici et leur assurer un avenir correct et stable financièrement.

Plusieurs raisons à cette pénurie

Ce constat est valable pour la plupart des filières professionnelles. Cette année, seuls 300 jeunes se sont inscrits à l'IFAPME de Dinant alors que le centre pourrait en accueillir le double. D'après les responsables, dont Solenn Henralsteen fait partie, plusieurs facteurs pourraient expliquer ce manque d'intérêt.

C'est vrai que toucher du chômage et ne rien faire peut sembler plus intéressant que de se lancer dans une formation. Mais je pense surtout qu'il existe beaucoup de préjugés concernant les filières professionnelles et que cela peut effrayer les jeunes ou refroidir les parents.

Moins de jeunes, plus d'adultes

Les responsables de l'IFAPME soulignent aussi le rôle joué par le COVID. Ils expliquent que moins d'élèves ont été réorientés de l'enseignement général vers le professionnel. Mais la crise sanitaire a aussi des effets positifs. Chez les adultes, il y a eu beaucoup d'inscriptions témoigne Solenn Henralsteen.

J'ai rencontré des personnes de 40 ans qui, après le confinement, ne voulaient plus entendre parler de leur job ni voir un bureau de leur vie. Ils avaient envie de changer complètement d'orientation et de travailler de leurs mains.

Pour motiver les jeunes à s'inscrire dans ces formations, la Région wallonne et l'IFAPME proposent des primes pour chaque année réussie mais aussi une aide financière pour passer le permis de conduire.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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