Les moutardes Bister, l'histoire d'une success-story

publié le:25/10/2016 17:21:48 - mis à jour: 26/10/2016 08:50:51

La moutarde Bister a 90 ans. L'entreprise familiale, basée à Achêne, ne cesse de grandir depuis 1926. Aujourd'hui, elle vend trois millions de pots par an. Retour sur cette success-story namuroise...

Au début des années 20, François Bister torréfie la chicorée. C'est à cause d'inondations sans précédent dans la région de Namur que sa récolte et ses machines sont endommagées. Il décide alors de devenir chauffeur-livreur et tente d'acheter son propre camion. C'est là que le virus de la moutarde le pique. Un peu par hasard si l'on en croit sa petite-fille Fabienne, aujourd'hui directrice de la moutarderie.

"En allant acheter ce camion, il rencontre Monsieur Godard qui fabriquait déjà la moutarde l'Impériale depuis 1877. Et là, il ne va pas uniquement acheter le camion mais aussi les machines, la marque en tant que telle et la recette. Il va installer tout ça à Jambes. C'est le début officiel de la grande aventure en 1926."

A l'époque, la moutarde est vendue dans des grands pots en grès. Les clients sont servis à la louche dans les épiceries du coin. Ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale qu'apparaissent les premiers magasins en libre-service. François Bister y voit une opportunité.

"C'est à ce moment-là qu'il invente le fameux bocal grenade qui est basé sur le modèle de la grenade Mills. Elle venait de servir pour la libération. L'idée est que la moutarde est un produit un peu explosif, un peu piquant." 

Au début des années 50, le fils Bister, Jean, intègre l'entreprise qui s'agrandit de jour en jour. Le fameux Piccalilli est d'ailleurs créé à cette époque-là. Jean reprend naturellement le flambeau une dizaine d'années plus tard, au décès de son père.

Nés dans l'entreprise

Elevés au sein même de l'entreprise, les petits-enfants Bister sont bercés dès leur plus jeune âge par les odeurs toutes particulières de vinaigre et de moutarde.

"Quand on sonnait les pauses, par exemple, on entendait la sonnerie depuis la maison."

Fabienne Bister succède à son père, Jean, dans les années 1990. Elle est à la base de la construction d'une deuxième usine à Troyes, en France. C'est également sous sa direction que les activités ont migré de Jambes vers Achêne, en 2013. Le succès de sa moutarde aujourd'hui, la patronne le sait, elle le doit en partie à la longévité de sa marque.

"Je pense que le fait d'avoir conservé la recette et le bocal, c'est devenu une Madeleine de Proust. Souvent les gens disent que c'est le bocal qui était déjà sur la table de leur mère ou de leur grand-mère, c'est un affectif important."

Après trois générations à la tête de l'entreprise. La suite de l'histoire pourrait offrir une quatrième Bister aux commandes. Fabienne a deux filles qui suivent en ce moment des cours d'économie...

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Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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