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Loïc Ferailles, le rugbyman d’Onhaye qui a joué pour l’Italie au Mondial… sans être italien

publié le:04/11/2026 11:04:00 - mis à jour: 04/11/2026 14:37:56

Loïc Férailles et Simon Piret posent avec la vareuse de la sélection italienne.

À 20 ans, Loïc Ferailles, originaire d’Onhaye, a disputé la Coupe du monde de rugby à 7 pour sourds et malentendants au Japon, sous le maillot italien, sans avoir le moindre lien avec le pays.

Il a 20 ans et est originaire d'Onhaye. Il joue au rugby depuis l'âge de 10 ans et n'a aucun lien avec l'Italie. Pourtant, fin octobre, Loïc Ferailles a traversé la planète pour représenter la sélection italienne lors de la 3e Coupe du monde de rugby à 7 pour sourds et malentendants, organisée à Tokyo, au Japon. Cette aventure a commencé presque par hasard.

Tout remonte à l'année dernière, lors d'une journée de championnat à Frameries, où Loïc se rend avec son club du Rugby Haute Meuse. Il y rencontre Simon Piret, joueur du RC Frameries, qui lui propose de participer aux sélections de l'équipe italienne. Le jeune Walhérois n'a pourtant aucune origine ni attache particulière avec l'Italie, mais il y voit simplement une opportunité qu'il a décidé de saisir.

Je me suis surtout dit que c'était une belle expérience à prendre et à acquérir.

Sa participation était également possible grâce aux règles établies par la fédération internationale de rugby pour les personnes sourdes et malentendantes, World Deaf Rugby. Celles-ci permettent aux sélections nationales de faire appel à des joueurs étrangers pour compléter leur effectif, notamment lorsque le nombre de pratiquants est limité dans leur pays.

La communication passe par les gestes

Sourd de naissance, Loïc a grandi avec ce handicap. Au quotidien, il porte des appareils auditifs, mais doit les retirer pour jouer au rugby. « Tout simplement parce qu'ils se casseraient », explique-t-il avec humour. Une situation qu'il vit naturellement depuis l'enfance.

Je suis comme je suis et je fais avec depuis que je suis tout petit. J'ai eu la chance d'avoir des parents qui m'ont soutenu tout au long de mon enfance. 

Sur le terrain, la communication passe donc autrement. Dans ancien club du RHM, où il a évolué pendant plusieurs années avec les mêmes joueurs, les habitudes étaient bien installées. « On se connaissait par cœur et on communiquait avec des gestes. » Aujourd'hui, au sein de son nouveau club, le RFCL Rugby Liège, il retrouve cette même volonté d'adaptation. Ses coéquipiers font leur possible pour faciliter les échanges, notamment grâce aux gestes utilisés pour annoncer les combinaisons.

Pour le reste, sa pratique du rugby n'a toutefois pas changé pour autant : « On a tous la même manière de jouer au rugby. J'entends simplement moins, c'est tout. »

Un long périple vers le pays du Soleil-Levant

Le 28 octobre, Loïc prend la direction du Japon avec les 14 autres joueurs de la sélection italienne. Au total, près de 19 heures de trajet pour rejoindre Tokyo et découvrir une compétition internationale.

Je l'ai très bien vécu, avec un peu d'excitation à l'idée de rencontrer des gars comme moi qui viennent de pays différents. 

Sur place, les différentes délégations sont logées dans le même hôtel, réservé par l'organisation. Une occasion de rencontrer les autres équipes et de partager des moments en dehors des terrains. Le programme est toutefois chargé, avec plus ou moins deux rencontres par jour. Les joueurs ont donc peu de temps pour s'entraîner et privilégient la récupération entre les matchs, notamment avec des bains froids. « On n'a pas beaucoup le temps de s'entraîner. Quand on n'a pas de match, on pense surtout à la récupération. »

Une première historique pour l'Italie

Pour la sélection italienne, cette troisième Coupe du monde représentait une première participation.

Avant le tournoi, Loïc avait choisi de ne pas se fixer d'objectif de résultat précis. Il souhaitait avant tout prendre du plaisir et montrer ce dont il était capable.

Le parcours de l'Italie a finalement été contrasté. Pour son entrée dans la compétition, la sélection transalpine s'est inclinée 55-0 face à l'Angleterre, avant de subir une deuxième défaite contre l'Australie (43-7). Les Italiens ont ensuite décroché leur première victoire face à Hong Kong China (37-7), mais se sont finalement inclinés contre le Japon (27-0). Ces résultats ne leur ont pas permis de sortir des poules.

 

Revoyez la première victoire de l'Italie face à Hong Kong

 

Loïc attendait particulièrement la confrontation face aux Anglais. Ce premier match lui a permis de mesurer le niveau de certaines nations. « Ce sont des joueurs qui évoluent dans des clubs semi-professionnels, qui sont rémunérés. L'Angleterre est un pays qui a énormément de moyens. »

La sélection anglaise a d'ailleurs confirmé son statut en remportant la compétition. Elle s'est imposée 45-5 face à l'Australie en finale et a ainsi décroché le titre mondial.

Pour l'Italie, la préparation avait été particulièrement courte, avec seulement deux entraînements en commun avant le tournoi. « C'est rien du tout », reconnaît Loïc. Il prend notamment l'exemple des Fidji, qui s'étaient entraînés ensemble pendant plus d'un mois. Malgré l'élimination dès la phase de poules, le jeune Walhérois estime avoir beaucoup appris de cette première expérience internationale.

La solidarité comme souvenir

Même si l'Italie s'est arrêtée dès la phase de poules, Loïc ne retient pas uniquement les résultats. « Cette expérience m'a permis de progresser en rugby à 7, tout en m'offrant l'occasion de découvrir le Japon », explique-t-il.

Mais Loïc ne compte pas s'arrêter là. Son prochain objectif est de continuer à progresser, avec un rêve en tête : partir jouer en France pour franchir un nouveau cap sportif, tout en y exerçant son métier de boucher.

Gabin Léonard, Journaliste
gabin.leonard@matele.be

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