Mis en circulation le 30 septembre 2016, plus de trente mille voltîs (c'est-à-dire autant d'euros) sont en circulation. L'ASBL qui gère la monnaie ne compte pas s'arrêter là, en favorisant le microcrédit.
Le voltî, monnaie locale en circulation dans notre région, fête son premier anniversaire le 30 septembre prochain. Pour les fondateurs de ce moyen de paiement, la dynamique de ces premiers mois est très encourageante. Jean-Sébastien Sieux confie :
C'est un véritable succès, on ne pensait pas connaître un tel développement en si peu de temps. Il y a entre trente et trente-cinq mille voltîs en circulation, soit autant d'euros.
Cette monnaie locale est utilisée dans sept communes : Ciney, Hamois, Havelange, Marche, Nassogne, Rochefort et Somme-Leuze. Elle est acceptée par près de 160 partenaires, pour de nombreux biens et services, dans l'alimentation, mais aussi la coiffure, les animaux, la santé... Cela favorise les échanges locaux, mais aussi des cercles vertueux, puisque les commerçants recevant cette monnaie sont incités à la dépenser chez des fournisseurs partenaires.
Il y a beaucoup d'exemples. Un magasin bio ne savait que faire de ses voltîs : il a donc décidé de se fournir en savon naturel chez un commerçant de notre catalogue. De même, une fromagerie rochefortoise se fournit maintenant en fromages locaux. Autre exemple, un vélociste fait maintenant ses courses dans une épicerie locale pour dépenser ses voltîs, alors qu'il faisait avant ses courses dans un supermarché conventionnel.
Des défis et des projets
Néanmoins, le manque de partenaires oblige, de manière sporadique, certains commerçants à reconvertir leurs voltîs superflus en euros, faute de pouvoir les dépenser chez un fournisseur. Mais pour l'ASBL, ce n'est pas un échec, mais plutôt une nécessité le temps que les réseaux se mettent en place. Jean-Sébastien Sieux en est bien conscient.
Pour l'instant, les échanges de voltis ne représentent rien à l'échelle de l'économie des sept communes. Nous devons toucher encore plus de consommateurs et développer notre réseau de partenaires. Mais nous sommes tous des bénévoles, donc nous avons peu de temps.
Pour autant, l'ASBL continue à porter plusieurs projets pour poursuivre son action militante, au-delà du développement du voltî. En effet, pour l'instant, les euros échangés en voltis sont déposés sur un compte de réserve, dans une banque éthique et solidaire, Triodos. Cet argent pourrait être utilisé en partie (tout en restant garanti) pour d'autres actions :
Nous souhaitons mettre une partie de la somme récoltée par la conversion d'euros en voltîs à la disposition d'une banque éthique et solidaire. Cela permettrait à des entreprises qui n'ont pas accès aux crédits dans des établissements banquaires traditionnels d'obtenir des microcrédits. Nous pourrions aussi acheter quelques terres pour les mettre à disposition de maraichers lancant leur activité.
Un moyen donc de développer toujours plus l'économie locale, mais aussi de concrétiser un autre objectif de la monnaie locale : éviter d'alimenter la spéculation bancaire.
Plus d'informations sur le voltî sur levolti.be