Santé

La norme de 100 ng/l de PFAS dans l'eau adoptée par la Wallonie pas assez protectrice ?

publié le:27/02/2025 12:27:00 - mis à jour: 01/03/2025 22:21:38

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La Région wallonne vient d’adopter une norme qui limite la quantité de PFAS à 100 ng/l dans l’eau de distribution. Selon certains scientifiques, cette norme ne serait pas assez protectrice pour la santé.

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont des composés chimiques très persistants, aussi appelés polluants éternels. On les retrouve dans de nombreux objets du quotidien comme les mousses anti-incendie, les imperméabilisants, cosmétiques, ainsi que certains cartons ou plastiques alimentaires. 

 

Ces molécules sont aussi présentes dans l'eau de distribution, qui représente environ 10% de notre exposition aux PFAS. Dans l'arrondissement de Dinant, plusieurs communes ont d'ailleurs un taux assez élevé de PFAS. Le village d'Havrenne, dans la commune de Rochefort, serait le troisième endroit en Wallonie avec le plus haut taux de polluants éternels dans l'eau potable (23 ng/l). 


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Les PFAS désormais réglementés en Wallonie

Face aux risques des polluants éternels pour la santé, la Région wallonne vient d'adopter une norme qui limite la quantité de 20 PFAS dans l'eau de distribution à 100 ng/l. Cette règle est issue d'une directive européenne qui devait entrer en vigueur d'ici 2026. Elle était déjà appliquée par les distributeurs d'eau wallons, mais depuis le 20 février, c'est officiellement en vigueur.

 

Dans son arrêté, la Wallonie prévoit aussi une valeur guide pour les 4 PFAS les plus préoccupants (PFOA, PFOS, PFNA, PFHxS) de 4,4 ng/l, à atteindre en 2028. Pour le moment, cette valeur n'est qu'une recommandation, elle n'est pas contraignante. Selon Alfred Bernard, toxicologue à l'UCLouvain, cette norme a ses limites.

Le fait qu'on adopte une valeur cible de 4 ng/l pour les PFAS les plus cumulatifs implique, au fond, que la norme de 100 ng/l n'est pas suffisamment protectrice, en particulier pour les groupes plus vulnérables comme les femmes enceintes, surtout celles qui allaitent, et les personnes en insuffisance rénale. 

Une norme pas assez protectrice pour la santé ?

Aux Etats Unis, l'Agence de Protection de l'Environnement est plus stricte. Elle a fixé la valeur guide pour les PFAS dans l'eau à 0, c'est-à-dire des niveaux non-détectables. Mais, en pratique, la Wallonie ne pourrait pas aller aussi loin, selon le ministre wallon de la santé et de l'environnement, Yves Coppieters. 

On devrait avoir 0% de PFAS dans notre environnement et notre organisme. Mais opérationnellement, ce n'est pas possible, car les pollutions sont telles qu'il faudra des dizaines d'années pour arriver à les éliminer. Cette réglementation doit être faite en amont, au niveau fédéral ou européen, qui réglemente la mise sur le marché des produits. A l'échelle wallonne, on ne peut réguler que l'utilisation de ces produits, en limitant les pesticides qui contiennent des PFAS, par exemple.

Le Ministre Coppieters assure que la Région wallonne est en discussion avec les distributeurs d'eau pour augmenter le nombre de filtres à charbon, mais surtout leur nettoyage, ce qui permet de filtrer les PFAS dans l'eau. C'est le système que la commune de Rochefort a installé sur le captage d'Havrenne, où des analyses doivent encore être effectuées pour évaluer son efficacité. 

 

Des effets à relativiser

Quoi qu'il en soit, le toxicologue Alfred Bernard se veut rassurant. Pour lui, il ne sert à rien de tomber dans une psychose par rapport aux PFAS.

Il est important de rappeler qu'au niveau individuel, une concentration élevée de PFAS ne signifie pas automatiquement un risque. Cela augmente les facteurs de risque pour des effets comme une diminution de l'immunité lors de la vaccination ou une augmentation du cholestérol, mais pas pour des maladies graves. Les risques de cancers, dont on parle beaucoup, surviennent à des niveaux d'exposition beaucoup plus importants, souvent de type professionnels.

Le toxicologue rappelle que les concentrations de PFAS dans le plasma étaient trois à quatre fois supérieures il y a 25 ans, dans les années 2000. Aujourd'hui, l'exposition aux polluants éternels a diminué, même s'il faut continuer à la surveiller.


>>> Pour plus d'informations à ce sujet, rendez-vous sur ce site web 

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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