Sept mois après les inondations qui ont dévasté Jemelle, les commerçants se relèvent. La plupart n’ont pas reçu ou viennent de recevoir leurs indemnisations, alors les travaux sont financés avec les économies.
Ne dites plus petit Louis Delhaize, dites Daisy express. À Jemelle, les tenanciers de la seule épicerie jettent l'éponge. Suite aux inondations de juillet dernier, les propriétaires du bâtiment ont décidé de louer leur espace, explique Christophe Vanbellingen, le propriétaire de l'ancien petit Delhaize de Jemelle:
On a fait des investissements il y a quatre ans pour remettre le magasin en route. Dans ces quatre ans, il y a deux ans de Covid qui ont été très compliqués financièrement. Ensuite, les inondations de juillet et là ça a vraiment été le coup de grâce.
À l'arrière du magasin, la Wamme, très calme aujourd'hui, a fait de gros dégâts. Le tuyau d'évacuation des décharges de l'immeuble de Christophe est à nu. Le mur qui le soutenait est détruit. Il y a quelques semaines, lorsque la rivière était en crue, il est tombé dans l'eau. Il a fallu refaire un câblage de fortune en attendant les travaux de maçonnerie pour reconstruire le mur. Pour cela, Christophe devra dépenser 30.000€, une somme difficile à sortir d'autant qu'il n'a reçu qu'une avance de 25.000€ de son assurance depuis les inondations:
Je n'ai plus d'entrée d'argent puisque le magasin est fermé. Je devais avoir droit à une perte d'exploitation journalière de 100€, mais en fait j'ai une clause dans mon contrat qui dit que ça ne rentre pas en ligne de compte pour des inondations. J'en ai parlé à plusieurs collègues indépendants et on est presque tous dans ce cas de figure. J'attends de voir quelle somme mon assurance me donnera et je verrai ensuite s'il y a lieu de me faire conseiller juridiquement.
La nouvelle épicerie devrait ouvrir ses portes mi-février, ajoute Christophe:
Ce sera aussi une épicerie, mais ça fonctionnera plus comme un "Night" en termes d'horaires, mais il y aura toujours les sandwichs, le surgelé et les produits qu'on retrouve en général dans une épicerie.
Fermée avant l'ouverture
Un peu plus loin dans Jemelle, l'heure est aussi aux travaux. Céline Melchior devait ouvrir son atelier de fabrication de bocaux alimentaires artisanaux en juillet 2021, une semaine après les inondations. Tout son matériel a été perdu avec la montée des eaux. Elle vient de recevoir l'indemnisation de son assurance et peut enfin commencer les travaux:
Les devis que j'ai faits il y a cinq mois changent parce que les prix ont augmenté et ça l'assurance ne le prend pas en compte. Forcément, je vais devoir mettre de ma poche une partie des fonds. En plus, ils ne remboursent pas à 100%, donc je dois vraiment bien calculer mon budget pour le chantier.
Céline estime qu'elle doit mettre de sa poche, 30% d'argent en plus par rapport à la somme qu'elle a reçue. Malgré sa situation compliquée, elle reste pleine d'espoir tout comme Christophe. Le renouveau des commerces jemellois est sur les rails mais la route sera encore longue.