Agriculture

Rochefort : un projet de poulailler industriel suscite l'opposition

publié le:12/01/2026 15:06:00 - mis à jour: 15/01/2026 16:43:30

Un éleveur rochefortois aimerait construire un poulailler d'une capacité de presque 40.000 poules pondeuses entre Buissonville et Havrenne. Le projet est controversé, il a fait l'objet d'une pétition.

À la frontière entre les villages de Buissonville et Havrenne, la ferme de Roger Simons est plutôt discrète. Pourtant, le projet de construction d'un grand poulailler sur son exploitation fait du bruit. L'agriculteur a fait une demande de permis pour installer deux nouveaux hangars ainsi qu'un parcours extérieur pour accueillir 38.600 poules pondeuses bio. Amael Poulain, habitant de Buissonville, détaille :

On parle d'un nouveau bâtiment assez hors-normes, qui ferait 5.200 m2. S'il est construit, ce serait le plus grand bâtiment agricole de la commune de Rochefort. Il n'en existe pas d'aussi grand à l'heure actuelle.

Des riverains inquiets face à un projet d'une telle ampleur

Ce projet de poulailler industriel suscite l'inquiétude des habitants d'Havrenne et Buissonville. Ils ont d'ailleurs formé un comité d'opposition, nommé CotCot Colère. Elena Sanchez, habitante de Buissonville, en fait partie.

En trois ou quatre jours, 324 personnes de Buissonville et Havrenne ont signé une pétition. Nous avons aussi créé un groupe Whatsapp ainsi qu'une page Facebook. Nous nous sommes déjà réunis trois fois.

Les membres du comité expriment plusieurs craintes, notamment par rapport aux ressources en eau nécessaires pour un tel poulailler. Amael Poulain, qui est hydrogéologue et membre du comité CotCot Colère, explique :

Le projet a besoin d'énormément d'eau. Les quantités annoncées sont de 0,2 litre par poule par jour, ce qui représente un peu moins de 3000 m3 d'eau sur un an. Mais si on regarde, dans la littérature, on est plutôt sur 0,25 voire 0,5 litre par poule par jour. Si le projet via son puits ne peut pas subvenir à ses besoins, il faudra aller chercher l'eau quelque part, sur le réseau d'eau de Buissonville, déjà sous tension ou d'Havrenne, où il y a déjà des problèmes de quantité et de qualité.

Le comité estime que le projet apporterait plus de nuisances que de bénéfices à la commune. Ludovic Chaboteaux ajoute :

Environ 30.000 oeufs seraient produits chaque jour. Ces oeufs ne vont pas nourrir la population rochefortoise, ils vont partir vers la grande distribution. Et puis on aurait tout un charroi pour le lisier et l'enlèvement des cadavres. Donc il y aurait beaucoup de transport dans nos petits villages.

Bientôt une deuxième enquête publique 

Le collectif a manifesté son opposition au projet durant l'enquête publique, qui s'est clôturée au mois de décembre. Ses craintes ont été entendues par la commune, qui a demandé des informations complémentaires pour lancer une nouvelle enquête publique, explique Julien Defaux, bourgmestre de Rochefort.

Nous avons décidé de ne pas donner d'avis car il nous semble, à la suite de l'enquête publique, que le dossier a des lacunes et des interrogations, notamment sur la qualité d'eau de ruissellement qui passerait à travers le projet. Donc nous avons sollicité le fonctionnaire délégué et le fonctionnaire technique pour compléter le dossier, avec une demande d'analyse auprès de sa cellule Giser, qui gère l'ensemble des axes de ruissellement. Si notre demande est acceptée, les compléments seront étudiés puis une deuxième enquête publique sera lancée.

Le collectif CotCot Colère organise une réunion d'information sur le projet ce dimanche 18 janvier. Ils ont aussi prévu d'interpeller les élus locaux lors du conseil communal du 19 janvier.

A noter que nous avons contacté, à plusieurs reprises, l'agriculteur. Il n'a pas donné suite à nos demandes d'interview. 

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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