Technologie

Rochefort : une nouvelle machine aide les archéologues à explorer le sous-sol de Malagne

publié le:14/06/2026 17:28:00 - mis à jour: 16/06/2026 16:58:47

Une nouvelle technologie permet d’explorer le terrain sans creuser. Deux jeunes passionnés ont mis au point un système de prospection basé sur des radars, capables de cartographier le sous-sol.

Une nouvelle machine de prospection archéométrique a été utilisée sur le site de Malagne. À première vue, elle pourrait rappeler une tondeuse. Mais son objectif est tout autre : sonder le sous-sol à la recherche de traces archéologiques, explique Pierre Verstegen, cofondateur de Prospection Lab.

C'est une machine équipée d'un radar qui envoie des ondes électromagnétiques dans le sol. Elle dispose de neuf antennes, dont quatre réceptrices. Grâce au GPS et à ces capteurs, nous obtenons une image en 3D directement visualisable sur tablette, ce qui permet de mieux comprendre le sous-sol.

Cette technique permet ainsi de réaliser une sorte d'échographie du terrain.

Elle détecte principalement les éléments durs. Sur un site, nous avons déjà identifié, par exemple, un four. Selon les réglages, on peut atteindre une précision de l'ordre du centimètre. Cela permet de repérer de nombreuses structures archéologiques.

Son principal atout est son caractère non intrusif. Il n'est plus nécessaire de creuser à l'aveugle pour localiser d'éventuels vestiges, ajoute Kévin Picard, cofondateur de Prospection Lab.

En archéologie comme en génie civil, l'intérêt est de pouvoir détecter ce que l'on cherche sans excavation préalable. Cela peut concerner des structures, des foyers, des fours à chaux ou encore des sépultures.

Des futures fouilles à Malagne ?

Ces prospections archéométriques suscitent un vif intérêt à l'archéoparc gallo-romain de Malagne. Grâce à un soutien de la Fondation Roi Baudouin, plusieurs zones du site ont déjà pu être analysées, précise l'archéologue Florence Garit.

L'objectif en travaillant avec Prospection Lab était de mieux comprendre l'alimentation en eau de la villa gallo-romaine de Malagne. Le site est connu depuis longtemps, mais certains points restent encore mystérieux, notamment la manière dont la maison était alimentée en eau alors que des thermes y existaient.

Les premiers relevés semblent indiquer la présence d'anciens réseaux d'acheminement d'eau, voire peut-être d'un puits encore enfoui. Présentée au public lors des Journées européennes de l'archéologie, cette nouvelle technologie a suscité la curiosité des visiteurs. Reste désormais à savoir si ces premières cartographies du sous-sol mèneront à de futures fouilles. Une hypothèse probable, qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles découvertes sur le passé de Malagne.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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