Environnement

"Taper dans le portefeuille des cochons": la consigne sur les canettes plait à Yvoir et Anhée

publié le:19/10/2021 16:44:00 - mis à jour: 19/10/2021 17:22:45

Anhée et Yvoir ont testé pendant deux ans la machine qui rétribue la collecte de canettes abandonnées. Elles sont prêtes à aller plus loin: imposer une consigne sur les canettes.

À Anhée, durant deux ans, une machine à canettes était placée derrière la maison communale. Elle servait à récolter les canettes retrouvées dans la nature par les habitants. En échange, les «rapporteurs» recevaient quelques centimes à convertir en bon d'achat dans les magasins de la commune. Il fallait donc atteindre 100 canettes pour recevoir 5€ de bon d'achat.

La commune fait partie d'un projet pilote arrivé à terme. Il permettait de savoir si une prime de retour a un impact sur la propreté publique. Le bilan est plutôt positif d'après Anne Faeles-Van Rompu, la 1re échevine de Anhée:

Nous avons récolté plus d'une tonne de canettes. Une tonne de canettes ne représente que 2% des déchets dans la nature, mais c'est une grosse partie de la pollution visuelle. Une tonne de canettes c'est donc énorme.

Là est tout le problème de ce projet pilote. Il a bien fonctionné, mais il ne règle pas le problème fondamental de déchets sauvages. En plus, il dépend beaucoup de la bonne volonté de bénévoles sensibles à ces questions environnementales. Les canettes ne représentent que 2% des déchets sauvages de Wallonie.

Les jets de déchets n'ont pas diminué

En plus, le projet piloté par Be Wapp montre que les jets de canette en bord de route n'ont que très peu diminué. À Yvoir, l'autre commune pilote de notre région, on a récolté deux tonnes de canettes. Malgré ce bilan mitigé, les deux communes ont décidé de pérenniser le système via un bureau de récolte à la commune, comme le détaille Étienne Defresne, le 1er échevin de Yvoir:

À partir du moment où on se rend compte que les collectes permettent de sortir près de deux tonnes de ces déchets de la nature, c'est autant de canettes qui ne sont plus dans les bois. Ça vaut donc le coup de faire un effort au niveau du budget communal pour pérenniser l'élan autour de ce ramassage.

La consigne est-elle la solution ?

Le bilan de ce projet ramène au centre des débats une solution dans les cartons politiques depuis plusieurs années : la consigne des canettes. Comme dans tout dossier, il y a les pour et les contres. Chez les contre, on trouve les intercommunales comme le BEP qui collectent les poubelles bleues. Elle craignent qu'il y ait un transfert des canettes des sacs vers les lieux de consigne. Cela veut donc dire moins de déchets à valoriser pour elles et donc de potentielles pertes d'emploi à la clé.

Chez les pour, on répond que ces éventuels emplois perdus seront transférés à la gestion du nouveau système. Bref, les deux camps s'opposent. Ce mardi, Be wapp est venu présenter les conclusions du projet précédemment évoquées aux parlementaires. En tous les cas, à Yvoir et Anhée, on pense qu'une consigne fera toute la différence, précise l'échevin yvoirien:

Les comportements n'ont fondamentalement pas évolué, il y a les distraits, il y a les cochons et il y a ceux qui se cachent pour boire. Je pense que seule la consigne pourra clairement changer les comportement parce qu'on va toucher au porte-monnaie des gens.

Les entreprises d'emballages impliquées

Tous les parlementaires sont d'accord pour dire que le statut quo n'est plus possible, mais la consigne n'est pas la solution miracle. La ministre Ecolo de l'environnement, Céline Tellier veut que toutes les parties prenantes soient mises à contribution:

Dans ce projet pilote, on a vu que les bénévoles étaient très fortement mobilisés. Il ne faut pas qu'ils soient les seuls à porter la responsabilité de ce travail. Les pouvoirs publics doivent aussi jouer leur rôle. Je veux aussi que les producteurs d'emballages eux-mêmes prennent leurs responsabilités dans ce dossier. Quand j'entends que de plus en plus de canettes sont produites, ça ne va pas.

Les entreprises d'emballages seront aussi auditionnées dans les semaines à venir. Tous les acteurs du dossier devraient donc passer devant les députés pour expliquer leur point de vue. Régine Florent, une Dinantaise qui avait organisé une manifestation pour demander la mise en place de consignes sera elle aussi peut-être entendue.

           >>> À Lire aussi: Consignez les canettes: le message d'une Dinantaise au Parlement wallon

La ministre a déjà rencontré 50 bourgmestres sur le bien fondé d'une consigne. La moitié d'entre eux est favorable à la consigne. Notons qu'il n'y avait que 19 communes pilotes en Wallonie pour le projet de prime de retour. Il faudra encore de longs mois de débats avant qu'un projet de loi soit mis sur la table pour 2022.

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CDJ

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