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ANALYSE | Un an après les communales : Ciney en mode gestion, pas révolution

publié le:22/10/2025 16:06:00 - mis à jour: 23/10/2025 10:03:09

Un an après les élections communales, le paysage politique cinacien a évolué, sans grands changements. Analyse un an après les élections communales.

Un an après les élections communales, le paysage politique à Ciney a évolué… sans vraiment évoluer.

Pour rappel, il y a un an, Frédéric Deville et sa liste remportaient les élections avec 13 sièges sur 25. Quelques jours plus tard, il décide d'ouvrir sa courte majorité. L'ancienne première échevine Anne Pirson et sa nouvelle liste C.Vous refusent la proposition. Il restait donc le groupe libéral C.Clair, porté par Frédéric Bottin, et François Bouchat de la liste Écolo. Le siège d'échevin est alors attribué à Frédéric Bottin.

L'opposition est donc composée de l'ancienne première échevine Anne Pirson et de sa liste C.Vous, aux côtés de François Bouchat, seul représentant du groupe Écolo autour de la table du conseil.

À savoir que les libéraux devraient obtenir un second poste d'échevin d'ici la mi-mandat. Si aucun membre du collège ne démissionne avant, Guy Milcamps s'est engagé à se retirer après trois ans pour laisser sa place à un membre de la liste C.Clair.


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Un mariage politique plutôt inattendu

Aujourd'hui, la majorité parle d'un « mariage heureux ». Et pourtant, il n'était pas gagné d'avance : les deux Frédéric défendaient souvent des positions différentes lors des débats communaux. La gouvernance semble aujourd'hui apaisée, selon le bourgmestre.

Frédéric Bottin souligne l'unité et la cohésion de la majorité, avec une vraie volonté d'avancer sur de nombreux dossiers :

Je pense qu'on est très complémentaires. On échange vraiment au quotidien, on a nos bureaux côte à côte, on travaille la porte ouverte, on échange des idées en permanence, dans un grand respect et un dialogue par rapport à tous les dossiers. Donc vraiment, le mariage se passe très bien.

Outre Frédéric Bottin, seul de son groupe au collège, Frédéric Deville, Guy Milcamps et Séverine Goedert, eux, sont restés en place dans le collège. Trois nouveaux échevins, encore timides, ont également fait leur entrée. Mais selon le bourgmestre, ils commencent doucement à s'affirmer.

Un manque de dynamisme, selon l'opposition

Un an après les élections, Anne Pirson, aujourd'hui députée fédérale mais reléguée dans l'opposition à Ciney, estime que le collège suit surtout les projets initiés sous l'ancienne mandature, sans grande nouveauté :

On n'est pas inquiets pour la concrétisation des dossiers en cours. On est plutôt inquiets pour l'avenir. On sait qu'on dit toujours qu'une législature prépare les dossiers de la suivante, que celle-ci va concrétiser. On n'est pas sûrs que ça fasse partie de la réflexion du collège d'avoir une vision à long terme.

Avec ses cinq conseillers, elle continue de travailler sur les dossiers et d'intervenir. Son objectif : éviter d'avoir des « conseillers pot de fleur », comme elle en avait vu par le passé.

Elle regrette cependant certaines réactions parfois désagréables de la majorité face aux prises de parole des nouveaux membres de l'opposition, ainsi qu'une tendance à donner des réponses floues. Un sentiment partagé par le seul représentant du groupe Écolo, François Bouchat, qui a parfois l'impression qu'on fait semblant de l'écouter, sans que rien ne suive derrière.

François Bouchat souligne les difficultés accrues à se faire entendre seul, même s'il travaille sur tous les dossiers avec son groupe. Il insiste sur la nécessité de « choisir ses combats » quand on est isolé.

Deux absences remarquées

Les absences répétées de Jean-Marc Gaspard et Jean-Marie Cheffert lors de plusieurs conseils communaux ne sont pas passées inaperçues. Ces absences, selon plusieurs sources, auraient des raisons politiques. Jean-Marie Cheffert le confirme, mais sans vouloir s'étendre sur le sujet. Quant à Jean-Marc Gaspard, il n'a pas été possible de le joindre à ce sujet.

Ces absences posent question, selon le conseiller d'opposition François Bouchat :

On a deux sièges vides depuis plusieurs mois au sein de la majorité, des sièges qui n'ont pas été remplacés. D'un point de vue démocratique, je trouve que ça pose question. Alors, soit ils font un pas de côté et ils sont remplacés, mais le fait de laisser des sièges vides comme ça, je trouve ça déjà inquiétant. Ça montre une dissension et des désaccords au sein de la majorité.

Une opposition attentiste, selon la majorité

Selon Frédéric Bottin, l'opposition n'est pas « farouche ». Elle ne rejette pas tous les dossiers, mais reste dans une posture attentiste. Frédéric Deville ajoute que les débats restent corrects, sans attaques personnelles. Selon lui, l'opposition n'est pas non plus constructive, car elle ne propose pas grand-chose. Il insiste toutefois sur le fait qu'elle n'est pas non plus destructrice.

Cinq ans pour faire grimper la moyenne

Pour conclure ce bilan de la première année, nous avons posé la question aux principaux concernés : quelle note mettriez-vous à cette année sur une échelle de 1 à 10 ?

Frédéric Bottin et Frédéric Deville notent 8 et 8,5. Frédéric Deville avance une majorité qui fonctionne, une dynamique constructive, avec des chantiers qui avancent.

Dans l'opposition, François Bouchat et Anne Pirson s'accordent sur 6, avec comme arguments la continuité sans nouveauté, le manque de débat et une faible ambition.

Il reste donc cinq ans à la majorité en place pour faire grimper la moyenne.

 

 

Fiorine Guéry, Journaliste
fiorine.guery@matele.be

 
 

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