Logement

Yvoir recense les bâtiments inoccupés en vue de les taxer

publié le:10/12/2025 12:27:00 - mis à jour: 11/12/2025 16:13:18

En 2026, la commune d'Yvoir va introduire une taxe de 75 euros par mètre courant de façade sur les bâtiments inoccupés. Objectif : réduire le nombre de logements laissés à l'abandon sur son territoire.

Maxime Darré et Charlye Collard sont des chasseurs de logements inoccupés. Depuis une semaine, ils parcourent les villages de la commune d'Yvoir pour effectuer un recensement sur le terrain. Aujourd'hui, direction Durnal. 

On a commencé par les plus petits villages : Houx, Dorinne, puis Spontin. Durnal était le suivant sur la liste. On se rend dans chaque rue pour noter le nombre de bâtiments qu'on voit, leur numérotation et le nombre de boîtes aux lettres pour vérifier que cela correspond à notre listing.

Le but, dans un premier temps, est d'identifier tous les logements qui existent dans la commune, pour ensuite vérifier qu'une personne y est bien domiciliée. Mais pour certains bâtiments, les premiers signes ne trompent pas, explique Maxime Darré, directeur financier à la commune d'Yvoir, en pointant une maison :

Ce bâtiment est fort probablement inoccupé. On observe des toiles d'arraignées au niveau des fenêtres à l'étage, on voit que les châssis ne sont pas entretenus et la boîte aux lettres déborde.

Il existe d'autres moyens plus indirects pour reconnaître un bâtiment inoccupé.

Par exemple, le listing fourni par la SWDE pour la consommation d'eau peut nous aider. Si un compteur d'eau a un relevé annuel inférieur à 15 m3, on peut supposer qu'il est inoccupé.

Un premier courrier pour prendre contact avec les propriétaires

Après avoir identifié les potentiels logements inoccupés, la commune envoie un premier courrier aux propriétaires concernés. Le but est d'écarter les secondes résidences, les logements touristiques ou tout autre bien dans une situation particulière, selon Maxime Darré.

Suite à ce constat, ils pourront nous expliquer s'ils ont une raison légitime pour ne pas occuper le bâtiment, parce que le bien est en cours de succession, qu'il est en vente depuis peu de temps ou qu'il y a des gros travaux dans le bâtiment, par exemple. En fonction des informations qui nous remontent, on confirmera le fait que le bien est inoccupé ou pas.

75 euros par mètre courant de façade

Si le logement est bien inoccupé, le propriétaire recevera un deuxième courrier six mois plus tard l'invitant à payer une taxe, qui s'élève à 75 euros par mètre courant de façade.

Cette taxe est dans les cartons de la commune d'Yvoir depuis déjà plusieurs mandatures, rappelle Alexandre Visée, bourgmestre d'Yvoir.

C'est l'aboutissement de douze ans de discussions autour de cette taxe. Cela fait douze ans qu'elle existe et que tous les groupes politiques confondus sont unanimes sur le fait qu'il faut l'adopter.

Derrière cette taxe, l'objectif premier de la commune n'est pas financier.

On voit le prix de l'immobilier qui s'envole et l'accès à la propriété qui est de moins en moins évident, particulièrement pour les jeunes. Un des leviers d'action est d'aller vers les propriétaires qui ont des biens et qui ne les louent pas, ne les vendent pas et les laissent se dégrader. 

Yvoir n'est pas la première à chasser les logements inoccupés. D'autres communes, comme Ciney, appliquent déjà une taxe. A Ciney, elle s'élève à 180 euros par mètre de façade sur ces logements. 


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Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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