11 août 1914: épouvante à Celles
publié le:11/08/2014 07:00:00 - mis à jour: 11/08/2014 09:47:27
Le curé de Celles M.Barbier rapporte un incident isolé mais terrible qui jeta la population "dans l'épouvante": un civil qui se promenait est abattu sans explication par des cavaliers allemands.
La guerre montre décidément son sale visage dans l'arrondissement de Dinant: après la fausse quiétude engendrée par la présence de troupes françaises, les exactions se multiplient. Un terrible incident rapporté par M.Barbier, le curé de Celles (Houyet), donne la mesure du changement d'attitude de l'armée allemande et d'une nouvelle gradation dans les exactions commises par elle:
"C'est le 11 août que les uhlans, au nombre d'une vingtaine, se montrèrent ostensiblement pour la première fois à Celles. Ils commirent l'acte suivant qui jeta les habitants dans l'épouvante.
Au moment où ils allaient entrer dans le village, ils rencontrèrent un Cinacien, M.Lamotte-Pigeon, qui retournait chez lui par Achêne; après des explications, ils le laissèrent passer. Des cavaliers se trouvaient devant la maison d'Emile Cassart; on leur vit adresser la parole à un officier et, sur un geste de ce dernier, ils tirèrent sept coups de fusil dans la direction de M.Lamotte, qui fut atteint de trois balles à la jambe; il eut encore la force de rebrousser chemin et vint s'affaisser au centre du village.
Voyant l'ennemi, le garde-champêtre Joseph Demonté courut à la gare et prévint par téléphone le poste d'Anseremme. Une patrouille française arriva par chemin de fer, aperçut les uhlans et tira sur eux par la portière d'un compartiment: deux furent tués en face du pont et les autres regagnèrent les bois, tandis que les Français retournaient à Anseremme." (Source: Schmitz et Nieuwland, L'invasion allemande)