Alle-sur-Semois: le chêne est devenu trop cher pour la scierie Leplang

publié le:19/01/2015 17:41:34 - mis à jour: 19/01/2015 18:05:17

Depuis quelques années les scieries wallonnes de bois feuillu ont du mal à garder la tête hors de l’eau. Voilà pourquoi la région wallonne a décidé d’organiser des ventes de gré à gré favorisant les plus petites scieries face aux plus gros traders qui achètent le bois comme le chêne à des prix hors de portée des plus petits scieurs. Illustration à Alle-sur-Semois.

Depuis trois générations, la famille Leplang à Alle-Sur-Semois, travaille le chêne brut. Aujourd'hui, c'est Pascal et son frère, Bruno, qui sont à la tête de la scierie. Mais depuis 2009, l'affaire ne tourne plus aussi bien qu'avant. Les clients qui achètent du chêne sont moins nombreux et préfèrent du contre-plaqué ou des imitations de ce bois noble.

Pascal Leplang :

« On a commencé à chômer un tout petit peu en 2009. Puis un peu plus en 2010, encore un petit peu plus en 2011. Le prix du bois à augmenter et aujourd’hui on chôme quand même pas mal. »

Cette matière première est aussi devenue hors de prix pour ces petites scieries. Quand elles doivent acheter les grumes, autrement dit, les troncs effeuillés, de plus grosses entreprises belges ou étrangères sont prêtes à mettre un prix beaucoup plus élevé. Ainsi, le prix de la grume a augmenté de 40% en deux ans. Résultats : les lots reviennent à ces traders et les scieries sont lésées.

Un autre facteur qui fait monter le prix de la production de chêne est le coût de la main d'œuvre. Il faut un savoir-faire artisanal pour travailler du bois comme le chêne et les employés doivent être formés pendant plusieurs mois. Conséquence : la scierie Leplang est passée de 25 à 14 ouvriers ces dernières années et ceux qui restent ne sont pas certains de garder leur emploi à temps plein. François Deneubourg, responsable développement à l’Office économique wallon du bois résume les difficultés de ce secteur :

« On constate une trop grande exportation de la matière non transformée vers des pays comme la Chine ou l’Asie en général. Ce qui maintient une pression très forte le prix de la matière première et empêche les scieurs d’y avoir accès. »

L'Office économique wallon du bois prend les choses en main

Depuis quelques mois,  un arrêté wallon réorganise les ventes de bois feuillus, comme le chêne, issus des forêts publiques. Cette de vente de gré à gré permet à un nombre de scieries restreint d'acheter des lots à un prix plus abordable. C'est l'Office économique wallon du bois qui a été chargé de dresser la listes des scieries bénéficiaires de la mesure et de fixer les quotas individuels en volume. François Deneubourg: 

« L’arrêté du 15 mai 2014 a relevé le plafond de ventes de gré à gré prévu par le code forestier voté en 2008. Ce plafond était fixé à 2500 euros et passe maintenant à 35 000 euros pour les bois feuillus issus des forêts publiques. »

Ce genre de ventes a déjà eu lieu à trois reprises depuis décembre 2014 : à Florenville, à Forrières et à Habay-la-Neuve. Cette mesure concerne le bois feuillu dont le chêne et le hêtre, qui sont d'ailleurs parfois mélangés dans les lots, ce qui n'arrange pas toujours le scieur. Mais la volonté de travailler le bois wallon de manière locale est bien présente.

Une diversification nécessaire

Cette mesure ne réglera pas d'un coup de baguette magique la crise que rencontre le secteur. Voilà pourquoi, la scierie Leplang a décidé de se diversifier en transformant une deuxième fois le chêne et en créant du mobilier. Une modernisation aujourd'hui indispensable pour le secteur. L'Office économique wallon l'a bien compris et compte prendre d'autres mesures dans le futur pour aider le secteur.

 

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