Au Chant du coq : les coopératives agricoles
publié le:12/06/2016 15:05:16 - mis à jour: 28/06/2016 14:28:59
En agriculture aussi, l’union fait la force. « Au chant du coq » est allée à la rencontre de producteurs de porcs et de céréales qui se sont regroupés en coopératives pour être plus compétitifs.
En agriculture, la forme juridique de la société coopérative est le plus souvent utilisée dans le cadre de la diversification des activités, lorsqu'il y a transformation et commercialisation de produits. Au sein d'une coopérative, chaque coopérateur a le même poids : le fonctionnement est basé sur « un homme, une voix ».
La coopérative « Porc Qualité Ardenne » (PQA) basée à Malmedy regroupe 150 coopérateurs et emploie 60 personnes. A la base, en 1989, 14 agriculteurs décident de se regrouper pour se différencier de la production intensive de porcs essentiellement flamande. Quand on sait que la Belgique produit deux fois plus de porcs qu'elle n'en consomme, il fallait trouver une solution.
Les coopérateurs de PQA ont donc choisi de produire un porc plus cher mais de qualité supérieure. Ils ont, au fil des années, investi pour maîtriser toute la filière. La coopérative possède aujourd'hui son propre abattoir et un atelier de découpe. Chaque coopérateur bénéficie de la force d'une marque commune, d'une véritable stratégie marketing et peut réaliser des économies d'échelles (transport, abattage, alimentation…).
Agribio
Plus près de chez nous, Agribio (Buzin) fonctionne aussi sous le statut de coopérative « parce que c'est la forme juridique la plus simple », affirme Bruno Greindl, son fondateur. La philosophie des 6 coopérateurs est simple : travailler sur un circuit court et complet. Ils cultivent des céréales qu'ils transforment en farine puis, avec cette farine, ils produisent du pain.
Depuis 2000, année de sa fondation, Agribio a connu une croissance à faire pâlir d'envie bon nombre de multinationales. Aujourd'hui, elle produit, dans deux ateliers l'un à Buzin et l'autre à Bruxelles, 50.000 pièces de boulangerie par mois. Les coopérateurs choisissent désormais les variétés de céréales qu'ils cultivent en fonction de leur qualité boulangère et non du rendement. Mais n'allez pas les qualifier d'utopistes, ce qui compte c'est l'efficacité !
Le succès est tel que la production des 6 coopérateurs ne suffit plus. Agribio achète, bon an mal an, 50% des céréales qu'elle transforme. Ses fournisseurs sont exclusivement des agriculteurs belges certifiés bio. En effet, outre la recherche d'un nouveau modèle économique plus rentable pour leur ferme, les coopérateurs ont d'abord et avant tout, des préoccupations écologiques.