Deux à trois fois par semaine, des employés des kayaks Pitance descendent la Lesse d’une manière très particulière. Ils partent à la chasse… aux déchets abandonnés par les kayakeurs et autres amateurs de baignade. On est monté sur l’un de ces kayaks « récupe-crasse ».
Nos deux hommes du jour s'appellent Sam Declaye et Antoine Chiliade. Leur mission : ramasser les déchets sur les berges et les plages de la Lesse. Et ils sont nombreux… à un tel point que ce travail prend la journée entière. Les deux jobistes commencent à 9h à Houyet et terminent à 19h à Anseremme.
« Certains jours, on n'est qu'à la plage de Walzin à 19h. Dans ce cas-là, c'est une autre équipe qui prend le relais le lendemain pour aller de Walzin à Anseremme. »
On retrouve toutes sortes de déchets le long des berges.
- Les plus fréquents : les cannettes (de bière), les paires de lunettes et de chaussures.
- Les plus étonnants : un vélo, des barres de chantier, des briques ou un évier
- Les plus répugnants : les serviettes hygiéniques, les tampons et le papier toilette
La caméra sur le kayak "récupe-crasse" ne passe pas inaperçue. En expliquant notre sujet du reportage, la plupart des kayakeurs ont la même réaction:
« Il n'y a pas assez de poubelles le long des berges. Alors, on met tout dans un sac qu'on jettera à l'arrivée. »
Sauf qu'entre-temps, il y a les barrages : l'un à Walzin, l'autre à Pont à Lesse. C'est là que les embarcations se retournent et que les déchets qui étaient au fond du kayak terminent au fond de la rivière. A Pont à Lesse, nos deux gaillards ont d'ailleurs remplis un sac et demi de déchets. T-shirts, essuies de bain, chaussures et lunettes de soleil forment le plus gros du butin.
Les autres points d'arrêts comme Chaleux ou Walzin sont également parsemés de déchets mais sont aussi des endroits accessibles depuis la terre.
"Il n'y a pas que les kayakeurs qui laissent des déchets. D'autres utilisateurs de la Lesse ne respectent pas le cours d'eau", explique Olivier Pitance.
Sur la journée, Sam et Antoine auront ramassé huit gros sacs poubelle, une bonne moyenne… sans compter tout ce qu'ils ne savent pas ramasser et qui se trouve au fond de la Lesse.
Trois questions à Olivier Pitance, loueur de kayaks
Question : La quantité de déchets en bord de Lesse est impressionnante. Qu'est-ce que vous mettez en place pour sensibiliser les kayakeurs ?
- Nous savons les limiter à l'embarquement. Donc, on interdit d'emporter les bacs de bières, des pacs de cannettes, des barbecues portables… On freine également le volume des pique-niques. On a mis en place une signalétique spécifique où on dit que tout ce qui ne rentre pas dans un seau, ne peut pas être emporté à bord du kayak. On laisse le choix aux gens : soit ils montent dans le kayak sans leur bac de bière, soit ils le gardent mais ne font pas la descente de la Lesse.
Q.: Donc, c'est ça votre solution ?
- C'est ce qu'on peut faire dans la limite de nos possibilités. Nous sommes seulement un exploitant. Donc, nous ne sommes pas assermentés et n'avons aucun pouvoir de contrôle sur la rivière qui est un lieu public. Donc, nous avons juste la possibilité de sensibiliser et contrôler la clientèle au départ de la descente. Une fois qu'ils sont partis, ce n'est plus de notre ressort.
Q. : Ne devrait-on pas installer des toilettes le long de la Lesse ?
- Nous ne sommes pas propriétaires des terrains et des berges le long du parcours. Aux endroits que nous exploitons, Houyet, Gendron et Anseremme, nous avons des toilettes gratuitement à disposition de nos clients. Il en existe aussi à Pont à Lesse. Mais ici à Walzin, il n'en est rien car la buvette a fermé tout comme à Chaleux.
Et dans les faits...
En faisant la descente de la Lesse samedi dernier, nous avons tout de même croisé des personnes avec un barbecue portable. Elles avaient été prévenues au départ mais semblent être passées à travers les mailles du filet.