Patrimoine

Ciney : la démolition de la ferme de Saint-Quentin met-elle en péril un site archéologique ?

publié le:09/10/2024 17:43:00 - mis à jour: 10/10/2024 16:44:27

image : asbl Communauté Historia

Les travaux de la ferme de l’école Saint Quentin mettraient en péril un site archéologique. C’est en tout cas ce qu’affirme l’Asbl Communauté Historia. L'association confronte la Province en charge du projet.

Les travaux de démolition de la ferme Saint-Quentin (EPASC) ont débuté il y a une semaine, mais une association de protection du patrimoine wallon tire la sonnette d'alarme. Pour elle, il faut arrêter d'urgence la démolition de ce bâtiment historique, explique le président de l'ASBL Communauté Historia, Virgil Declerq.

Ce bâtiment existe depuis l'occupation gauloise, romaine, puis mérovingienne, et il s'est transformé au fil des siècles. Aujourd'hui, c'est un magnifique bâtiment du 17ème siècle avec des annexes du 19ème qui lui donnent sa forme actuelle en carré. C'est donc tout aussi intéressant d'un point de vue architectural qu'historique.

Pour cette ASBL, il est inconcevable de démolir un bâtiment sur pied depuis plusieurs siècles pour le remplacer par un nouveau. Virgil Declercq va jusqu'à dénoncer la mise en danger d'un site archéologique.

Le bâtiment est repris en zone archéologique. On sait qu'à cet endroit se trouvent des vestiges d'autres époques et aujourd'hui, on s'apprête à faire table rase du passé et on laisse des engins de démolition s'en donner à coeur joie. Nous avons donc demandé un constat d'infraction à la police car ce sol archéologique est en train d'être pillé. Il y a la présence de sépultures, d'une petite chapelle médiévale et aucun encadrement n'a été fait pour sécuriser ce patrimoine.

La Province était-elle au courant de la nature du site ?

Le bâtiment de la ferme n'étant pas classé, l'Agence en charge du Patrimoine Wallon (AWAP) n'a pas été consultée. Par contre, dans un premier temps, ni la Province, ni la Région wallonne, ne confirmait ni n'excluait que le terrain soit en zone archéologique.

Ce mercredi 9 octobre à 15h, par voie de communiqué, la Province semble subitement pouvoir à présent l'affirmer. Elle assure avoir bien tenu compte de la zone archéologique dans la demande de permis à la Région, comme écrit dans le communiqué de presse : 

Dans le cadre de l'introduction de la demande de permis à la Région wallonne, le bureau d'études Inasep a tenu compte de la notion de zone archéologique définie sur le portail WalOnMap. Le bureau d'études a pu expliquer le procédé d'excavation et le niveau de fondation qui allait être réalisé. Cette information a donc bien été prise en compte dans l'élaboration du dossier introduit à la Région.

Le Député Provincial de la transition écologique, Amaury Alexandre, explique : 

Nous l'avons appris récemment. Il y a des règles dans le cas d'un site archéologique et elles vont être suivies. Si, lors des excavations qui vont être nécessaires pour construire les fondations du futur bâtiment, on trouve des vestiges gallo-romains, une analyse sera réalisée par le service compétent. La procédure sera suivie. Cela engendrera des retards au niveau du chantier, ce qui ne représente pas une bonne nouvelle pour nous, mais nous devons suivre les règles.

Une procédure expéditive ? “Nous respectons la loi”

Pour bénéficier des subsides européens qui financent le projet, la Province doit respecter le délai fixé au mois de juin 2026. Les détracteurs dénoncent une procédure expéditive sans enquête publique, une accusation que dément Amaury Alexandre, député Provincial.

Il se fait que le permis que nous avons demandé est un permis simple. Nous remplissons les conditions pour le demander. La Région nous l'a octroyé. Il n'y a pas, dans le cadre de ce type de permis, d'enquête publique. La loi a donc été respectée et c'est bien la moindre des choses pour une instance telle que la Province.

Malgré la levée de boucliers, le chantier de démolition est toujours en cours. L'asbl Communauté Historia étudie une possibilité de recours en urgence au conseil d'état pour interrompre les travaux.


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Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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