Depuis l'interdiction wallonne des petites annonces animalières sur certains sites web, certains éleveurs estiment les conséquences dommageables pour leur activité. Le SPW a lancé un site internet consacré.
Thierry Puns est éleveur de poules d'ornement à Sinsin. Elles ne sont donc pas destinées à la consommation. Certaines races sont même assez rares. Pour l'éleveur, la vente d'animaux à d'autres passionnés lui sert surtout à pouvoir maintenir son activité. Seulement cette année, il en reste beaucoup trop.
J'ai plus de 90 bêtes à mon domicile, que je ne peux pas replacer dans un autre foyer. D'habitude, en cette période, il devrait m'en rester une dizaine.
Selon l'éleveur, c'est un nouveau décret wallon qui est en cause. On interdit désormais, sauf agrément, les petites annonces de vente ou d'échanges d'animaux sur des sites de type seconde main ou sur les réseaux sociaux. Mais selon Thierry, des élevages comme le sien sont lésés, par ricochet.
On ne peut plus toucher les personnes de Wallonie, de Flandre, de France, voire de Hollande ou d'Allemagne. Nous nous retrouvons, moi et beaucoup d'autres personnes, avec un quota d'animaux jeunes et adultes. Et les jeunes vont se faire dominer par les adultes.
Le décret émane du cabinet du Ministre Di Antonio, et a pour but notamment d'éviter l'abandon d'animaux. Mais les conséquences pour les éleveurs sont effectivement remontées jusqu'à lui, via des associations comme le Collège des Producteurs. Pour le ministre:
Certaines choses sont encore possibles, mais moyennant un agrément. On a un certain nombre de sites agréés. Libre à cet éleveur de créer son site, et il a aussi la possibilité de créer un groupe privé sur les réseaux sociaux. Des solutions existent.
Les pouvoirs publics viennent aussi de lancer, avec ce même Collège des Producteurs, le site easy-agri, qui permet l'échange et la vente d'animaux d'élevage. Un autre, pour les animaux domestiques, est prévu.
De manière à avoir une possibilité gratuite, cadrée, où les animaux sont identifiés. On sait qui est le vendeur et l'acheteur. C'est bien mieux pour le bien-être des animaux.
En pratique, le site offre plusieurs profils et possibilités, explique Marie Poncin, responsable communication du Collège des Producteurs:
L'internaute peut s'identifier, soit comme particulier ou éleveur amateur, soit en tant que professsionnel du monde de l'élevage ou du monde agricole. Il visite toutes les annonces et les consulte en toute liberté. En créant un profil, il va pouvoir publier une annonce, de vente, de demande, d'échange.
Des possibilités encadrées donc. L'éleveur de Sinsin, lui, préférerait une concertation plus ciblée sur son type d'activité. Et si pour lui, un site wallon n'a pas encore la même visibilité que des grands sites d'annonces, les auteurs d'easy-agri souhaitent de leur côté le faire évoluer. Et pourquoi pas dans d'autres langues.