Environnement

Des chasseurs de lumières prennent des photos pour protéger les animaux nocturnes

publié le:11/02/2025 14:38:00 - mis à jour: 12/02/2025 14:05:14

La pollution lumineuse impacte les animaux nocturnes. Pour les protéger, le parc national de la Semois a lancé un défi insolite aux citoyens : prendre en photo des éclairages publics inutiles.

Pendant 2 mois, Monique De Wolf, une habitante de Bohan (Vresse-sur-Semois) a participé au challenge des chasseurs de lumières. C'est elle qui l'a remporté en prenant le plus de photos.

J'apprécie participer à des choses un peu insolites et chasser des lumières ça m'a tenté. L'idée que ça soit utile pour la nature et les animaux qui ont besoin de noir, ça m'a aussi convaincu. Le noir se fait trop rare et je suis pour que des points lumineux inutiles soient éteints, en tout cas une partie de la nuit.

Au total, 273 photos de points lumineux ont été prises dans 13 communes, par une quinzaine de participants à l'opération lancée par le parc national de la Semois. Julie Michiels, y est chargée de mission. A la tombée de la nuit, elle nous explique l'objectif de la démarche.

On essaie vraiment d'avoir une continuité de surfaces dans le noir et grâce aux photos on arrive à les cartographier. Par exemple, si on a un long couloir dans le noir, c'est vraiment top pour les animaux nocturnes. Mais si au milieu il y a 3 petits spots, ça va être un obstacle. On saura donc qu'on doit se mobiliser pour essayer de trouver des solutions à cet endroit-là. Si ce n'est pas possible d'éteindre, on peut envisager de réduire l'intensité de la lumière.

De nombreux animaux perturbés

Parmi les éclairages recensés, il y a des commerces allumés la nuit, des lampadaires qui semblent parfois inutiles, mais aussi des monuments ou édifice religieux éclairés.

Par exemple ici à Vresse-sur-Semois, il y a une colonie de chauves-souris dans le clocher de l'église. Elles sont dérangées par les spots qui éclairent l'édifice et ça les perturbe dans leur chasse. Comme elles réduisent leur temps de chasse, elles nourrissent moins leurs petits, ce qui est problématique.

Cette opération de cartographie permet aussi de sensibiliser les autorités locales en leur demandant d'éteindre certains éclairages entre minuit et 5h du matin. Ils gênent par exemple les grenouilles, les hiboux ou encore les hirondelles. Pour les protéger et créer des zones non éclairées, une 2e édition des chasseurs de lumières sera organisée cette année.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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