Dinant: Robert Closset ciblé par une instruction judiciaire

publié le:13/10/2015 15:24:17 - mis à jour: 14/10/2015 18:36:48

L'échevin dinantais Robert Closset fait l'objet d'une instruction judiciaire au motif de prise d'intérêt. On le soupçonne d'avoir profité de sa position d'échevin pour obtenir un chantier de déblaiement. Robert Closset nie catégoriquement.

Le 27 août 2013, la maison de Félix Libert, 87 ans, rue du Froidvau à Dinant a été entièrement détruite par un incendie. Suite au sinistre, les décombres de la maison ont été enlevés par la société de Robert Closset, Eco Transport. Pour ce service, une facture de 40.000€ (hors TVA) a été adressée à Félix Libert. Ce dernier a contesté le montant de la facture, à propos de laquelle il n'y a pas eu de devis, affirme-t-il. Par ailleurs, l'expert de l'assurance incendie a chiffré le déblaiement de la maison à 20.000€. Félix Libert a refusé de régler la facture, qu'il juge exagérée.

Le litige a pris une tournure judiciaire lorsqu'Eco Transport a assigné Félix Libert il y a quelques mois devant le tribunal civil pour obtenir le règlement de la facture par décision de justice. Félix Libert a de son côté déposé plainte pour abus de confiance. 

Dans un communiqué envoyé à notre rédaction, l'avocat de M. Libert, Dominique Tellier, écrit:

" Monsieur et Madame Libert estiment que le gérant d'Eco Transport a abusé de leur confiance. [...] La facture contestée porte sur une somme presque 2 fois supérieure à l'indemnité calculée et payée par l'assureur-incendie de Mme et M.Libert."

Le parquet confirme avoir mis à l'instruction une affaire de "prise d'intérêt" à l'encontre de Robert Closset, mais se refuse à livrer d'autres éléments. Le juge Philippe Olivier a ordonné une perquisition qui a eu lieu au domicile de Robert Closset le lundi 5 octobre. Le même jour, les policiers ont également perquisitionné dans les locaux de l'hôtel de Ville et de l'atelier communal.

Robert Closset, qui n'est pas inculpé, dément formellement avoir fait pression sur l'octogénaire:

"C'est M.Libert qui a sollicité mes services. J'ai d'ailleurs un bon de commande et une attestation signés de sa part. Ce Monsieur est très âgé et ne se souvient peut-être pas les avoir signés mais c'est le cas. Par ailleurs, je ne vois pas comment j'aurais pu mélanger ma fonction d'échevin et d'entrepreneur: ce dossier n'est jamais passé en Collège. Je pense que M.Libert s'est rendu compte que son assurance ne couvrait pas toute la facture et a imaginé cette plainte pour me nuire."

L'affirmation selon laquelle le dossier n'est jamais passé au Collège est à nuancer: le bourgmestre a pris un arrêté de démolition dans ce dossier. Selon nos informations, la justice s'intéresse à ce qui a motivé cet arrêté. Les enquêteurs ont notamment cherché, en vain, la trace d'une hypothétique pétition des riverains réclamant une démolition rapide du bâtiment. La justice cherche à établir si Robert Closset aurait pu inciter le bourgmestre à prendre cet arrêté.

Pour ne plus prêter le flanc à la critique, Robert Closset a annoncé à Matélé son intention de mettre fin à son activité de containeurs et de terrassement. Il ne gardera plus que son activité de dépannage pour la police. Rappelons si besoin était que Robert Closset n'est pas inculpé et est présumé innocent.

 

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