Enseignement

François, éducateur à Jean XXIII (Rochefort) : "On n'est pas de simples pions"

publié le:25/02/2022 13:56:00 - mis à jour: 26/02/2022 23:55:00

Le métier d'éducateur en milieu scolaire a fortement évolué ces dernières années, en partie à cause de l'épidémie et de l'organisation chamboulée dans les écoles. Rencontre avec François, éduc' à Jean XXIII.

François Baudouin, 28 ans, est éducateur à l'Institut Jean XXIII, l'une des écoles secondaires de Rochefort. Avec sa collègue, il a en charge l'accompagnement de plus de 200 élèves au quotidien. Il l'avoue lui-même, l'imprévu voulu par la fonction lui plait:

J'arrive le matin à 8h et je ne sais jamais comment va se passer ma journée. La seule certitude, c'est la prise des présences. Mais après, un élève peut tomber malade, un collège peut avoir des difficultés avec un adolescent ou un professeur peut être absent et il faut occuper les élèves pendant deux heures.

Pas le temps donc de se tourner les pouces, à chaque moment de la journée, François se doit d'être au plus proche des élèves. Alors, d'un côté, il y a le bon pote. De l'autre, il y a l'adulte responsable.

Il m'arrive de jouer au foot ou au ping-pong avec eux dans la cour de récréation. Ce sont des chouettes moments d'échanges avec les élèves. Mais parfois, on doit aussi les remettre en place ou encore les encadrer à l'étude en essayant de les rendre responsables.

Le Covid a foutu le boxon 

Ces deux dernières années, le Covid a désorganisé les écoles du pays. En première ligne, il y avait les éducateurs.

Certains professeurs se sont tournés vers nous en nous disant qu'ils étaient en train de perdre certains élèves. Nous, on a vraiment essayé de reprendre contact avec eux pendant le confinement pour les rebooster !

En une dizaine d'années, le rôle de l'éducateur a bien évolué. Mais François a toujours en tête sa façon d'appréhender le métier à l'époque où il était de l'autre côté de la barrière.

J'ai en mémoire le rôle de surveillant, du pion, qui était dans la cour, les mains dans les poches. Celui qui, en salle d'étude, nous disait de travailler ou de nous taire.

Chevilles ouvrières de l'établissement scolaire, les éducateurs font aujourd'hui office de lien, de relais, entre les élèves, leurs parents et le corps enseignant.

Pour nous, les éducs, avant de penser aux résultats scolaires, il faut s'assurer du bien-être du jeune. Il doit se sentir bien au sein de l'école, avec ses copains et à la maison. Le reste, il vient naturellement.
 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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