Le peintre de la vie rurale Milo Dardenne expose plus d'une centaine d'oeuvres inédites à la Galerie Lurquin de Dinant. C'est jusqu'au 25 septembre. Rencontre avec le houyétois.
Sur le papier, la nouvelle exposition de Milo Dardenne est composée de 120 toiles inédites, dont 110 ont été réalisée ces deux dernières années. En réalité, pour le peintre, il s'agit plutôt du fruit d'une vie de maturation. Il fête cette année ses 60 ans de peinture.
"C'est le résultat de 78 ans d'évolution. J'ai reçu la peinture dans mes gênes il y a 78 ans, et ce qu'on voit aujourd'hui, c'est le résultat de cette expérience. C'est pour cela que je dis que c'est sans doute ma dernière exposition. Je dis maintenant 'sans doute', parce qu'avant-hier, c'était 'la dernière'. Mais maintenant, je me sens bien à Dinant (NDLR: dans la galerie Lurquin, une maison du 17e siècle). Pourquoi pas faire en sorte que ceci soit l'avant-dernière?".
D'autant que le peintre de Houyet est en période d'inspiration. Les oeuvres affichées témoignent de son évolution sur les années, et de l'apparition de plus en plus importante de la lumière. Dans son atelier, sa palette de bois en témoigne. Il n'a jamais souhaité la nettoyer. Et les couches successives de couleur illustrent ce parcours.
"En principe, dès qu'on a peint, on doit racler sa palette avec un couteau. Je ne l'ai jamais fait. Par tableau, il y a un demi-millimètre de peinture. Et ici, on est à dix centimètres. Au départ, quand j'avais une vingtaine d'années, je faisais une peinture assez sombre, mais toujours sous l'influence d'Albert Raty (NDLR: qui a décrit dans ses peintures la vie rurale dans la Semois). Et puis ça s'est éclairci, maintenant c'est une peinture assez lumineuse."
"Tout est objet de tableau"
Un bruit, une conversation, tout peut déclencher l'inspiration.
"Je suis de plus en plus souvent dans le bois. Même une racine peut être source de tableau."
L'un des thèmes de prédilection de Milo Dardenne reste la vie rurale, notamment ardennaise. Au fil du temps, les paysages se sont effacés pour ne plus servir que de toile de fond aux personnages, qui sont décrits dans leurs mouvements. Sans traits précis sur le visage, ils permettent à chacun de relier la scène à son propre passé, celui de ses parents, de ses grands-parents.
"Le personnage est paysage en lui-même. Paysants... paysage. Ils sont très dignes, ce sont des aristocrates. Les gens de la terre, il n'y a pas 36 façons de les peindre. Ce sont des gens très honnêtes, ils sont solides comme le roc."
L'expo se tient jusqu'au 25 septembre à la Galerie Lurquin, 104 Rue d'Aoust à Dinant. Entrée gratuite, de 10h30 à 19h.