Les enseignants de Ciney ont rejoint le mouvement de grève de l'Enseignement ce mardi. Ils ont installé un barrage filtrant pour protester contre les mesures annoncées par la nouvelle majorité MR-Engagés.
Dès 8 heures, ce matin, autour du rond-point de la vache à Ciney, les files de voitures s'allongaient. A chaque entrée du giratoire, une cinquantaine de professeurs de Saint-Joseph, Saint-Quentin et la Providence ont distribué des tracts aux automobilistes, avec le slogan "L'enseignement, nos élèves et nos métiers sont sous haute pression", qui résume bien leur sentiment. Parmi eux, Laureline Wiame, professeure à Saint-Quentin, exprime sa frustration :
Le qualifiant est dénigré alors que nous avons des élèves et des professeurs motivés. Cela fait trois ans que je suis professeure et je ne sais pas si je serai nommée un jour. J'espère, même si je suis là avant tout pour mes élèves.

Laureline Wiame, en kaki, à gauche
Les écoles cinaciennes s'unissent dans le combat
Comme un peu partout en Wallonie, les professeurs des trois écoles cinaciennes ont quitté leurs classes ce mardi pour sensibiliser les citoyens et manifester leur mécontentement face aux mesures annoncées par le nouveau gouvernement MR-Engagés de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
De manière générale, les syndicats et le monde enseignant craignent des coupes budgétaires et, par conséquent, une détérioration des conditions de travail et de la qualité de l'enseignement. Le choix de cette journée n'est d'ailleurs pas anodin, puisqu'elle coïncide avec l'examen par le Parlement du projet de budget 2025 de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Christophe Gilet est délégué syndical à l'Institut Saint-Joseph de Ciney.
Il y a deux gros points que nous contestons. Le premier, c'est la réduction de 3% du budget, ce qui devrait augmenter le nombre d'élèves par classe. Le deuxième, c'est la réforme du qualifiant, qui prévoit la fermeture des classes de septième. Cela engendrerait des pertes d'heures de cours voire d'emploi pour les enseignants et cela empêcherait des élèves de finir leur cursus.
Un autre point de crispation est l'annonce par la ministre de l'Éducation et de l'Enseignement, Valérie Glatigny, de la fin de la nomination des professeurs. Cette décision inquiète particulièrement les jeunes professeurs, comme Alexandra Lahaut, 27 ans, enseignante depuis cinq ans à l'Institut Saint-Joseph de Ciney.
En tant que jeune prof, cela pourrait impacter ma pension. Mais cela pourrait aussi me faire perdre des heures de cours, car je ne suis pas encore entièrement nommée. Je risque même de perdre ma place.
Une mobilisation soutenue par les directions d'école
A l'Institut Saint-Joseph de Ciney, une centaine de profs ont suivi le mouvement de grève ce mardi. Résultat, la majorité des classes de l'école étaient vides. Malgré les perturbations engendrées par cette forte mobilisation, le directeur de la section D2/D3 l'établissement, Olivier Callens, soutient pleinement le mouvement de grève.
La direction soutient le mouvement parce que les mesures annoncées vont avoir des impacts significatifs sur les enseignants, les élèves et l'organisation générale de l'école. J'ai fait un rapide calcul, sur base de ce qui a été annoncé, ces mesures engendreraient la perte de trois emplois à temps-plein dans l'établissement l'année prochaine.
En pratique, ces mesures impliqueraient également la disparition au mois de septembre de la formation en 7ème technique de qualification de technicien en conditionnement d'air et climatisation, qui accueille actuellement une vingtaine d'élèves. Une conséquence que déplore le directeur de l'établissement.
"Défendons l'avenir de vos enfants"
À Beauraing, même combat. Les professeurs ont organisé un piquet de grève devant l'établissement de l'Institut Notre Dame du Sacré-Cœur avec ce slogan qui dit tout: "Défendons l'avenir de vos enfants".
