Les hommes et les femmes politiques réinventent aussi un monde "post-corona". Simon Bultot, conseiller CPAS socialiste à Hastière, rêve d'une société où le fossé entre les citoyens et le Politique serait comblé
Conseiller CPAS dans la commune de Hastière et biberonné à la culture socialiste depuis qu'il est petit, Simon Bultot ne se contente pas d'être le fils de son père. Il travaille aujourd'hui au service d'étude de la CGSP fédérale et comme attaché parlemantaire d'Eliane Tilleux. Depuis octobre, il dirige aussi l'USC (Union socialiste Communale) d'Hastière.
Carte blanche à Simon Bultot: Quel monde voulons-nous pour demain?
Depuis près de 3 mois, la crise sanitaire à laquelle nous faisons face bouleverse nos habitudes et impacte notre quotidien. Elle remet en cause notre système modal de société et nos us et coutumes politiques. Il est temps de réagir et repenser le monde de demain. L'humain doit revenir au centre des préoccupations. Trop souvent les facteurs économiques prennent le dessus sur les facteurs sociaux, creusant toujours un peu plus le fossé des inégalités sociales. Certaines décisions politiques prises ces dernières années en sont la preuve: coupes budgétaires dans les soins de santé, économies sur les pensions, détricotage des services publics et j'en passe. Or, la crise du Covid-19 met en évidence les faiblesses de ces idées politiques inadéquates.
Le point positif du coronavirus
Si je devais trouver un point positif à la crise du coronavirus, ce serait la solidarité dont les gens ont fait preuve. J'ai été agréablement surpris des élans de générosité entre les citoyens et citoyennes. Je prends pour exemple la confection des masques de protection dans ma commune. C'est plus de 80 bénévoles qui se sont mis au service des autres. C'est juste incroyable et j'en profite pour les remercier. Cette générosité, ce dévouement prouvent que l'humain peut se mobiliser pour une noble cause. Cette solidarité démontre, que malgré le monde de plus en plus égoïste dans lequel nous vivons, beaucoup d'entre nous restent attachés à cette valeur.
Et demain?
Cette crise est l'occasion de repenser notre système sociétal et de réfléchir à des solutions pour améliorer notre cadre de vie. Il est essentiel de ne pas reproduire les erreurs du passé.
Je pense qu'une des premières choses à changer est le rapport entre le Politique et le citoyen. Nous vivons dans une démocratie, ce qui peut se définir étymologiquement par un système politique dans lequel le peuple est souverain. Or, j'ai l'impression que notre système politique s'écarte progressivement de cette définition. La politique intéresse de moins en moins la population et je peux le comprendre.
Les citoyens ont le sentiment de ne plus être compris et de ne plus être suivis par le Politique. Le fossé qui les sépare s'est trop creusé. Je pense que les citoyens ont besoin d'une politique accessible et concrète et que les personnes à qui ils accordent leur confiance soient présentes pour eux.
Il sera important pour l'avenir de travailler en symbiose avec la population pour retrouver cette confiance parfois perdue. Et cela passera en premier lieu par dénoncer les abus de certains. En tant que jeune en politique, je comprends que le citoyen puisse être écoeuré. Pour retrouver cette confiance, les premiers qui devront faire un pas vers l'autre, ce sont les politiciens, en prouvant aux citoyens qu'ils peuvent de nouveau avoir confiance en eux. Un deuxième élément à mettre en avant, c'est notre système de gouvernance. Il est par exemple surréaliste d'avoir huit ministres de la santé en Belgique. Il faut tout de même relativiser, ces ministres n'ont pas que la santé comme attribution. Encore heureux me direz-vous.
Restons néanmoins vigilants aux discours des extrêmes et ne tombons pas dans le piège des raccourcis et facilités des populistes.
En parallèle avec ce travail de confiance, il est essentiel de réduire les injustices et inégalités sociales. Les axes politiques choisis ces dernières années n'ont fait que les renforcer. Aujourd'hui en Belgique, trop de personnes vivent dans des conditions à la limite du raisonnable. Aujourd'hui en Belgique, trop de personnes doivent choisir entre se nourrir, se loger ou se soigner. C'est inacceptable. La santé ne devra plus être un choix mais un droit. Un droit auquel chacun et chacune pourra réellement prétendre. Un autre droit auquel tout un chacun devra pouvoir prétendre est le droit à un logement décent.
Cette crise a démontré notre dépendance. Nous devrons revoir notre manière de consommer et il serait bon de privilégier les circuits courts et que les entreprises s'adaptent en privilégiant une production plus locale.
La crise du coronavirus a rappelé que les enjeux sociaux sont aussi, voire plus importants que ceux économiques et qu'il ne faut absolument pas les mettre de côté. Dès demain le travail politique devra se recentrer sur l'humain en permettant à tous d'entrevoir leur avenir plus sereinement. Faire de l'argent pour faire de l'argent ne sert à rien. Pour moi, la plus belle des richesses et des récompenses pour une politicien, c'est le bonheur des citoyens. Et c'est pour ça que je me suis engagé en politique.
Remerciements
Je profite de cette « carte blanche » pour encore une fois remercier et féliciter tout le personnel soignant, quel qu'il soit, qui a continué et continue toujours à travailler dans des conditions compliquées avec des horaires difficiles et de nombreuses inquiétudes pour venir en aide aux personnes les plus fragilisées.
J'adresse également toutes mes félicitations et remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont, quelles que soient leurs fonctions, contribué à faire en sorte de minimiser autant que possible l'impact du coronavirus sur la vie quotidienne de chacun d'entre nous. Sans oublier tous les bénévoles qui ont donné de leur temps et de leur gentillesse.
Mes pensées vont aussi vers celles et ceux qui, à cause de mesures de confinement, ont dû réduire, voire cesser leurs activités.
Pour terminer, j'aimerais apporter tout mon soutien aux personnes qui aujourd'hui combattent encore la maladie ainsi qu'aux familles endeuillées par la perte d'un proche.
>>> Pour lire toutes nos cartes blanches sur le thème "Quel monde voulons-nous pour demain?" : https://www.matele.be/cartes-blanches