Pendant l’été 44, des maquisards d’Arlon à la Meuse ont empêché l’Allemagne de se replier en bon ordre et ainsi aidé les Alliés à libérer nos régions. Découverte du maquis de Vresse, appelé Groupe d’Orchimont.
Fiers, un peu émus aussi, Luc Monin et son neveu, Dimitri, tous les deux membres du comité qui organisent les commémorations des 80 ans du Maquis, nous emmènent au camp des Blaireaux, le principal campement des maquisards du groupe d'Orchimont. Les lieux ont été rénovés dans les années 90' mais ont su garder leur âme. Devant la chapelle, Luc Monin raconte :
Ah, si les pierres pouvaient parler… La chapelle est toujours comme sur la photo où on voit l'Abbé Evely qui dit la messe et qui donne la communion sur cette pierre. Les maquisards se mettaient à genoux et lui, il leur donnait la communion.

Durant l'été 1944, plus de 4.000 hommes forment l'Armée secrète et vivent cachés dans les forêts, d'Arlon à la Meuse. Le Groupe D du Secteur 5 de la Zone V appelé « le groupe d'Orchimont » a compté jusqu'à 20 camps et 460 hommes.
Leur tâche principale consistait à préparer le terrain pour l'avancée des Alliés en empêchant l'Allemagne de se replier en bon ordre, explique Dimitri Monin :
Leur action première, c'était de pouvoir faire sauter des ponts mais aussi renseigner sur les mouvements des troupes allemandes. Et puis le cas échéant, ils organisaient des embuscades pour pouvoir détruire, par exemple, des véhicules allemands.
Les maquisards, principalement des réfractaires au travail obligatoire, ont vécu plusieurs mois dans les bois ardennais, approvisionnés en armes et en matériel grâce à des parachutages. L'armée secrète harcelait l'occupant depuis ces camps bien cachés dans la forêt. Dimitri Monin, maçon de profession, admire l'ingéniosité des installations :
L'avantage, c'est que tout était bien boisé et donc il y avait une facilité pour se cacher. Les villages sont relativement proches et il y avait toujours un va-et-vient entre le maquis et les villageois pour le ravitaillement, notamment. Il faut savoir aussi qu'ici, on est au milieu des bois mais que ce maquis était quand même connecté par une ligne téléphonique, filaire, avec Vresse.
Le tragique destin de Jan et Rose Daelemans
Le maquis accueillait des hommes originaires de toute la Belgique, y compris de Flandre. Parmi ces Flamands qui ont participé à la libération de l'Ardenne, l'histoire a retenu le nom de Jan Daelemans. Pas pour ses faits d'armes mais bien pour le romantisme qui se dégage de son destin et de celui de son épouse.

Le 2 septembre 1944, Jan Daelemans qui vient de se marier quelques jours plus tôt, part en mission de reconnaissance avec Paul Bollingh. Les deux hommes, très inexpérimentés, sont abattus avant d'avoir eu le temps de tirer un seul coup de feu.
La jeune épouse de Jan, Rose, elle-même infirmière dans le maquis, a souhaité qu'il repose là où il était tombé. La commune de Vresse lui a cédé une parcelle de terrain et elle y a fait construire une chapelle, appelée la chapelle du Flachis.

En 1972, Rose décède à son tour et ses cendres y sont transférées. Leurs deux noms n'apparaissent pas sur le caveau mais bien cette citation de Saint-Exupéry : « L'amour une fois qu'il a germé fait pousser des racines qui n'en finissent pas de croître ».
Chaque année, le dernier dimanche d'août, une célébration a lieu dans la chapelle du Flachis à la mémoire des 20 résistants du groupe d'Orchimont qui ont perdu la vie lors de combats ou en déportation.
Le 31 août, le hameau de Conrad sera le théâtre d'une commémoration exceptionnelle des 80 ans de la libération avec notamment la présence d'une vingtaine d'avions d'époque. Pour voir le programme complet, cliquez ici.