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Jemelle : Un projet agrivoltaïque avec 6400 panneaux solaires et un pâturage bovin

publié le:12/02/2025 09:04:00 - mis à jour: 13/02/2025 14:36:05

Jemelle : Un projet agrivoltaïque avec 6400 panneaux solaires et un pâturage bovin Photomontage : Ether Energy
Jemelle : Un projet agrivoltaïque avec 6400 panneaux solaires et un pâturage bovin Photomontage : Ether Energy
Jemelle : Un projet agrivoltaïque avec 6400 panneaux solaires et un pâturage bovin

Photomontage : Ether Energy

Un projet agrivoltaïque aimerait s'installer sur une parcelle agricole de 8 hectares à Jemelle. L'enquête publique a commencé cette semaine. Le projet devra ensuite être validé par la Région wallonne.

La parcelle de 8 hectares située derrière le dépôt de la poste à Jemelle, dans la Rue du Congo, pourrait bientôt accueillir un projet agrivoltaique. La société Ether Energy a déposé une demande de permis en décembre dernier pour y installer 6400 panneaux solaires. Denis Delvaux est chargé de projets agrivoltaïques chez Ether Energy.

Ces panneaux pourraient produire 4400 MWh/an, ce qui représente l'équivalent d'une consommation en électricité de 1500 ménages, soit presque la population de Jemelle.

Image : Ether Energy

 

Ces panneaux solaires de type « trackers » suivront les rayons du soleil au fil de la journée. Ils seront espacés pour permettre la circulation des machines agricoles et surélevés à 2m au-dessus du sol pour que des vaches puissent continuer à pâturer ou s'y abriter de la pluie et du soleil. Le projet est construit en partenariat avec la Ferme Lamsoul, qui est propriétaire du terrain, explique Denis Delvaux.

Pour le moment, les vaches sont à l'étable car nous sommes en hiver, mais il y aura 35 vaches "blanc bleu" qui vont pâturer en dessous des panneaux. On va aussi essayer de rendre des services à l'agriculture en installant des clôtures, parcs de contention ou l'accès à l'eau, et en plantant des haies.

Des associations inquiètes

Pour l'instant, seul un projet agrivoltaique a vu le jour en Wallonie. Il est situé à Wierde, le long de l'E411. Là-bas, ce sont des moutons qui pâturent en dessous des panneaux. Mais de nombreux autres projets sont dans les cartons, comme celui de Jemelle, ainsi qu'à Bièvre ou à Gedinne, où un projet est actuellement à l'étude.

Les associations de défense des agriculteurs, comme la Fédération Unie de Groupements d'Eleveurs et d'Agriculteurs, voient ces développements d'un mauvais oeil. Thomas Huyberechts est chargé de mission politique à la FUGEA.

On est très critiques face à ce genre de projet car ils vont avoir un impact sur le prix de la terre agricole. On sait que la rentabilité dégagée par ce type de projet est très élevée, entre 2000 et 4000€ pour le propriétaire de la terre. En comparaison, quand le propriétaire loue sa terre à un agriculteur, il reçoit entre 200€ et 400€ par hectare. Cette rentabilité est déconnectée de ce que la production agricole peut offrir. Cela va pousser les propriétaires à se tourner vers l'agrivoltaisme.

La FUGEA et d'autres associations comme Terre en Vue demandent un moratoire aux autorités publiques jusqu'à la création d'un véritable cadre réglementaire, explique Zoé Gallez, coordinatrice de Terre en Vue.

On attend des autorités qu'un cadre légal soit adopté. Aujourd'hui, il existe juste une circulaire administrative, adoptée par le Ministre de l'Agriculture précédent. C'est donc le "far west" législatif. Il faut maintenant un cadre clair pour protéger l'accès à la terre. 


>>> A LIRE AUSSI : La Wallonie ouvre (un peu) la porte à l'agrivoltaïsme


Une position politique partagée

En Wallonie, l'agrivoltaïsme est une compétence transversale partagée par l'Agriculture, l'Energie et le Territoire. Interpellée au Parlement wallon, la nouvelle Ministre de l'Agriculture et de la Rualité, Anne-Catherine Dalcq, a exprimé une position claire face aux projets agrivoltaiques.

Les terres agricoles doivent prioritairement servir à la production alimentaire. D'autres surfaces sont encore disponibles : parkings, toits de hangars… À utiliser en priorité. (...) Je le répète : l'agrivoltaïsme ne doit pas compromettre notre souveraineté alimentaire. Avant d'occuper des terres agricoles, il faut d'abord utiliser tous les autres espaces disponibles dans la société.

Mais dans les projets agrivoltaïques, c'est le Ministre wallon de l'aménagement du Territoire, François Desquesnes, qui a le dernier mot. Contacté par nos soins, il n'a pas souhaité s'exprimer sur la question, car l'enquête publique pour le projet de Jemelle est toujours en cours, elle se termine le 24 février. La Région wallonne devra ensuite rendre son verdict pour le mois de mars.

 

 

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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