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Jeunesse : le programme de volontariat Service Citoyen sur la sellette

publié le:27/11/2025 17:41:00 - mis à jour: 28/11/2025 13:20:56

Le Service Citoyen, programme qui aide des centaines de jeunes à trouver leur voie, voit son financement wallon remis en cause, plongeant l’association et ses 36 emplois dans l’incertitude.

Liam Culot, 23 ans, prête main-forte aux artistes pour donner vie à une nouvelle exposition au Centre culturel de Dinant. Depuis deux mois, il y effectue son service citoyen : un programme de six mois destiné aux jeunes de 18 à 25 ans qui cherchent leur voie.

Ça m'apporte beaucoup de satisfaction de pouvoir être utile aux membres de l'équipe du Centre Culturel. Ça m'apporte aussi beaucoup d'expérience pour la suite de ma vie, pour mon CV également.

Le service citoyen, un tremplin vers le monde professionnel

Valentine Piette aussi est passée par ce service citoyen. Une expérience enrichissante qui lui a permis de faire ses premiers pas dans le monde du travail. Aujourd'hui, elle a trouvé un emploi dans le milieu culturel.

J'étais un peu dans une période de flou. Je venais d'arrêter mes études et je voulais prendre du temps pour moi, tout en continuant à être active. Le fait d'être dans un centre culturel m'a permis aussi de voir que j'aimais travailler dans la culture et que c'était ce que j'avais envie de faire par la suite.

Un financement remis en cause

Pourtant, ce dispositif qui redonne du sens à des centaines de jeunes est aujourd'hui menacé. En octobre dernier, la Cour constitutionnelle a annulé la loi qui permettait d'étendre ce programme à l'ensemble du pays, estimant que son financement ne relevait pas des compétences fédérales.

Il y a deux semaines, la Région wallonne a, à son tour, décidé de revoir sa participation, invoquant les mêmes arguments. Le ministre-président Adrien Dolimont a jugé que la Wallonie, qui finance le programme à hauteur de 2,9 millions d'euros, n'était pas compétente en la matière, renvoyant la responsabilité vers la Fédération Wallonie-Bruxelles. Conséquence immédiate : l'arrêt annoncé des subsides. Une décision qui met en péril l'association… et ses 36 emplois, explique Denis François, coordinateur de la communication et de la mobilisation pour la Plateforme Service Citoyen.

L'administration et la direction ont dû annoncer à l'ensemble du personnel, vendredi dernier, le lancement d'une procédure Renault, la procédure qui mène à un licenciement collectif. Notre convention avec la Région wallonne prenant fin au 31 décembre, cette procédure doit démarrer. Et si rien ne se passe d'ici là, l'ensemble du personnel recevra sa lettre de licenciement le 5 janvier prochain.

Changement de ton du côté du gouvernement wallon

Mais rebondissement lundi dernier : le ministre Adrien Dolimont a tenu, au Parlement wallon, un discours plus nuancé.

À ce stade, je ne souhaite pas arrêter de façon nette l'intervention de la Région à l'égard des activités de la plateforme ; je souhaite néanmoins entamer une large réflexion sur le mécanisme actuel, y compris en y associant la Fédération Wallonie-Bruxelles et les responsables de la plateforme. Au regard des multiples crises que nous avons traversées ces dernières années, et compte tenu du contexte international actuel, soutenir notre jeunesse dans son développement social, son approche à autrui, son engagement citoyen en faveur de davantage de cohésion sociale et lui apporter les clés d'une vie ensemble me semblent importants.

Vers une possible issue ?

Les responsables du service citoyen et le cabinet du ministre se sont finalement rencontrés ce mercredi pour évoquer l'avenir du dispositif, précise Denis François.

Cette réunion a permis de nouer un dialogue constructif, et c'était vraiment la volonté des deux parties de faire davantage connaissance. La direction a pu expliquer nos réalités de terrain : les jeunes avec lesquels on travaille au quotidien, et ce que cela peut leur apporter en termes d'émancipation personnelle. Maintenant, la balle est dans le camp du gouvernement wallon, qui doit revenir vers nous avec une proposition concrète de budget, qui, nous l'espérons, va nous permettre de poursuivre nos activités en 2026 et bien au-delà.

En attendant que la situation se clarifie, le programme se poursuit. Les jeunes qui le souhaitent peuvent toujours s'inscrire au service citoyen… mais sans garantie, aujourd'hui, de pouvoir mener leur parcours jusqu'au bout.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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