Nature
La "zone humide" de Chevetogne, l'un des futurs milieux les plus riches de la planète?
publié le:04/06/2021 17:25:00 - mis à jour: 04/06/2021 18:10:14
A terme, ces terres brunes seront recouvertes de prairies...
La zone humide de Chevetogne, en chantier depuis un an et demi, est pratiquement finie. L'endroit, véritable terreau de fertilité et de biodiversité, sera l'une des attractions de cet été dans le domaine.
Avant même l'inauguration officielle de la zone humide de Chevetogne, quelques canards colvert se promènent déjà dans l'un des bassins. Dans cette partie nouvellement aménagée du Domaine provincial, l'eau est la maitresse d'un écosystème très riche où la faune et la flore vivent à son crochet. L'eau, sous toutes ses formes, comme le détaille Etienne Cellier, l'architecte paysagiste qui a dessiné les plans du projet:
On a des rivières avec des lits de différentes largeurs, des pentes diverses... On a aussi des prairies humides, des mares alimentées par des eaux de ruissellement et des mares à débordement. Comment la rivière aurait pu travailler le site de manière naturelle si elle n'avait pas été déviée et canalisée ? C'est la question à laquelle on a essayé de répondre en sculptant le socle et en laissant ensuite couler l'eau le plus librement possible.
Dans les vallées du Domaine de Chevetogne, l'eau jaillit de partout et grâce à cela, d'un jour à l'autre, la zone humide peut changer de visage. L'endroit est un véritable trésor en terme de biodiversité. Bruno Belvaux, le directeur du site, s'en félicite:
Certains jours, sur cette zone, il y aura 1,5 mètre d'amplitude d'eau en plus, c'est exceptionnel. Quand la terre aura été bien imbibée, on va avoir tous les oiseaux limicoles qui seront là: les bécassines, les cygognes noires, les aigrettes... Ils viendront à la pêche aux tritons, aux crapauds... Les zones humides, avec les mangroves et les estuaires, sont les milieux les plus riches de la panète.
Pour Chevetogne, ce projet sonne comme un retour aux sources. Au 18ème siècle, cette zone du parc faisait la part belle aux prairies humides, avant de voir, petit à petit, l'homme prendre ses aises et s'installer. Aujourd'hui, la dynamique s'inverse. La nature reprend ses droits, bien aidée par les humains.
On a voulu revenir à une nature presque primitive. Il n'y en a plus en Belgique, la totalité du territoire est cultivée.
Cette zone humide aura également un attrait pédagogique. Dans les semaines à venir, la Région wallonne compte réintroduire une plante indigène, une espèce jadis disparue de notre territoire.