Agriculture

Le Traité "Mercosur" inquiète les éleveurs belges

publié le:03/07/2019 11:51:00 - mis à jour: 04/07/2019 18:02:19

Le stagiaire de la ferme du bois de Remont

Mercosur, c’est le nom du traité de libre échange entre l’Amérique du sud et l’Union européenne. Signé vendredi dernier, il inquiète les éleveurs bovins et plus largement toute la filière agricole wallonne.

Voir des vaches courir dans les prés risque bientôt de n'être plus qu'un souvenir selon Benoit Cassart, éleveur bovin et Secrétaire national de la Fédération du Commerce de détail et de viande. La faute au Mercosur, un traité de libre échange entre l'Union européenne et quatre pays de l'Amérique latine: le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. Cet accord signerait la mort de la filière bovine en Belgique:

Ce traité est le reflet d'une incohérence politique puisque chaque jour on nous demande de faire des efforts supplémentaires pour améliorer la traçabilité du bétail et le bien-être animal. Tout ce suivi n'existe pas de l'autre côté de l'Atlantique. Ce traité veut maintenant massivement autoriser l'importation de cette viande chez nous.

Le texte de l'accord est encore confidentiel mais on sait déjà qu'il touchera quelques 770 millions de citoyens en Europe et en Amérique latine. Pour l'éleveur, économiquement, les agriculteurs belges seront perdants:

Cet accord va coûter à la filière bovine belge plus de 50 millions d'euros par an. Entre là-bas et ici, il y un différentiel de prix de cinq euros par kilo de carcasse, au niveau du coût de production. Ceci parce que les normes que doivent respecter les éleveurs là-bas ne sont pas les mêmes. Cette importation de viande bon marché va pousser l'ensemble de la viande européenne à baisser ses prix.

Si l'accord a été signé, le traité doit encore passer par plusieurs étapes mais on ne sait pas encore quelle sera la marge laissée aux Etats membres pour se positionner face au texte. On se rappelle que pour le CETA (accord Canada-Europe), le mécanisme de validation européen avait permis à la Wallonie seule, de retarder la signature du texte. Impossible pour l'instant de savoir si ce sera encore le cas.  C'est un déni de démocratie selon Florine Marot, du syndicat d'agriculteurs FUGEA:

La Commission a presque fait passer ce traité de manière forcée. Ils l'ont fait au moment où le Parlement n'est plus en place, que la Commission n'est plus en place puisque les deux sont en cours de renouvellement. De plus, plusieurs Etats membres dont la Belgique avaient émis des réserves sur ce traité. La démocratie a donc été bafouée.

L'inquiétude n'est pas seulement présente chez les éleveurs de bovins puisque d'autres comme les producteurs laitiers ont aussi exprimé leur mécontentement. Cependant, ce traité est aussi vu par d'autres comme une occasion supplémentaire de se tourner toujours plus vers le circuit court.

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CDJ

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