Environnement

Les chênes durement touchés par les insectes cette année, surtout en Famenne

publié le:24/10/2025 09:00:00 - mis à jour: 26/10/2025 12:12:18

Habituellement robustes, ces arbres commencent à subir les effets du réchauffement climatique : chaleur et sécheresse affaiblissent leurs défenses naturelles.

Autrefois emblème de puissance et de résistance, le chêne souffre désormais sous le poids du climat. Cette fragilité est particulièrement visible cette année. Quentin Leroy, directeur de l'Observatoire wallon de la santé des forêts, observe de près l'évolution de ces arbres et note la multiplication des insectes ravageurs.

On voit notamment des traces d'agrile, un insecte qui pond sous l'écorce des arbres affaiblis. Ses larves creusent des galeries à l'intérieur, coupant l'alimentation en sève et affaiblissant gravement l'arbre.

Les conséquences sont parfois fatales. Le chêne supporte deux ou trois années de chaleur et de sécheresse, mais pas quinze ans de réchauffement climatique en cours. D'autres insectes, sans tuer l'arbre, compromettent également sa valeur économique.

Ils pénètrent dans le bois, la partie la plus valorisée économiquement. Ils ne provoquent pas la mort du chêne, mais déprécient immédiatement sa valeur : le bois ne peut plus servir à fabriquer des meubles ou du parquet par exemple.

Situation critique en Famenne… mais pas désespérée

La situation est particulièrement difficile à Rochefort et ailleurs en Famenne, où le sol est peu profond, à peine 20 ou 30 centimètres de terre avant la roche. Il y a donc peu de réserve d'eau, ce qui rend les arbres plus vulnérables, comme l'explique Thibaut Gheysen, chef du cantonnement du DNF à Rochefort.

Début des années 2020, les plus beaux chênes se vendaient jusqu'à 270 € le mètre cube. Aujourd'hui, avec la proportion d'arbres attaqués par des insectes foreurs, on tourne autour de 110 € en moyenne.

Pourtant, nos 2 intervenants ne sombrent dans le pessimisme. Le changement climatique n'annonce pas la disparition de nos forêts.

Il y a encore de la régénération naturelle qui est importante. Mais c'est clair que le paysage actuel, avec de grands chênes de vingt mètres de haut et deux mètres de circonférence, sera sans doute plus rare dans les décennies à venir.

À l'avenir, si les arbres imposants deviennent l'exception, le modèle économique du bois devra évoluer. Miser sur des essences plus résistantes et diversifiées pourrait être une piste d'adaptation pour les forêts wallonnes.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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