Hamois n’est pas une commune qui fait les gros titres, et pourtant les dossiers avancent, la commune « tourne bien ». Mais « sans créativité », regrette la minorité.
Hamois est une commune politiquement paisible : pas de désunions féroces, pas d'animosité tenace comme parfois ailleurs. Elle ne fait pas souvent la Une de l'actualité, mais cela ne veut (évidemment !) pas dire qu'il ne s'y passe rien.
Les projets s'enchaînent, les dossiers avancent, souligne la bourgmestre Valérie Warzée – Caverenne :
Au niveau des gros investissements, on est en train de remplacer l'éclairage public par du led dans tous les villages, et c'est déjà réalisé à Schaltin, Emptine, Scy et Mohiville. On a réalisé la liaison Hamois – Achet, autre gros investissement issu du PCDR. On a aménagé les plaines de jeux à Mohiville et Natoye, et on a ce projet en cours d'aménagement de la place d'Emptinne et d'un poste de police à Emptinne.
Philippe Lebrun (Ecolo), dans la minorité, en convient : la commune « tourne », mais…
Au niveau de la gestion quotidienne, on n'a rien à redire : l'administration, l'Etat-civil tournent, les travaux sont bien coachés, les batiments communaux sont bien suivis par l'échevin de l'urbanisme, mais il y a un grand manque de stratégie générale, de créativité et réflexion préparation aux propositions par rapport aux défis du futur. Le Collège se laisse orienter par les subsides, c'est financièrement judicieux mais politiquement peu porteur pour le long terme.
Pas de vision à long terme?
Pour appuyer son propos, Philippe Lebrun égrène les exemples dont celui-ci :
Il n'y a pas de réflexion sur l'évolution climatique. On n'a jamais eu de plan enneigement massif : or, 3 jours sans électricité, on a déjà connu ça, je ne délire pas. C'est relativement improbable, certes, mais avec des conséquences qui pourraient avoir été aussi catastrophiques que des pluies : pas d'électricité, cela veut dire pas de chauffage, pas de téléphone, pas d'Internet, et une difficulté d'accès aux personnes âgées éventuellement malades.
Pas d'anticipation ? La bourgmestre s'en défend vigoureusement :
Au niveau de la sécurité générale, on avait pris l'initiative de faire un exercice de secours d'urgence avec le gouverneur : cela nous a bien servi pour le coronavirus ! On était prêt. On avait engagé un planificateur pour les urgences et conseiller en prévention en 2019 : il a été bien mis à contribution ! On avait prévu de mettre une borne interactive à l'administraion communale et cela a été transformé en e-guichet bien pratique pour les citoyens quand des services sont fermés. On avait investi dans le parc informatique avant la pandémie, si on n'a pas eu de retard par exemple à l'urbanisme, c'est grâce à cela.
"Je suis triste d'entendre ça"
Autre reproche de la part d'Ecolo, le manque de dialogue entre majorité et minorité :
Quand je propose quelque chose, Valérie se met en « blocage de sécurité ». Elle dit : « Quand vous serez bourgmestre vous ferez ce que vous voudrez mais en attendant c'est moi qui décide », c'est directement très conflictuel. Certes Ecolo a obtenu un progrès dans l'information aux conseillers, mais c'est le « minimum légal ». On voudrait obtenir qu'il y ait une mise en contexte pour les points au conseil communal.
Sur ce point, la bourgmestre rétorque :
Je suis triste d'entendre ça. On est toujours à l'écoute: la démocratie n'est pas à sens unique, on est un conseil qui travaille tous ensemble dans l'intérêt général.
L'inquiétude sur la sécurité routière
Au niveau des citoyens, notre sondage dans le groupe Facebook Hamoisiennes, Hamoisiens a mis en évidence une grosse insatisfaction au niveau de la sécurité routière. Valérie Warzée-Caverenne détaille l'action du Collège :
- On travaille en partenariat avec la zone de police pour voir quel type d'aménagement on peut mettre en place au cas par cas.
- Toute une étude a été réalisée par la police pour les zones 30 autour des écoles : des aménagements vont apparaître autour des écoles, il y aura des signes distinctifs pour attirer l'attention des voitures.
- On a aussi travaillé à des rues scolaires à Schaltin, Hamois et Mohiville : on va fermer les voiries à l'entrée et sortie des écoles.
- On a investi dans des radars préventifs, qui vont arriver dans les prochaines semaines : 5 radars préventifs fixes et mobiles en 2021 et 5 nouveaux en 2022.
- Nous avons une réflexion au niveau du plan de mobilité : on a mis entre le dossier entre les mains de la commission consultative d'aménagement du territoire et de la mobilité (CCATM). Les citoyens ont été sollicités pour être attentifs aux trottoirs dans les villages, cela va être retravaillé.
Ecolo préconise une autre approche :
Actuellement on traite la vitesse quand quelqu'un râle : quand il y a des commentaires Facebook incendiaires, ou quand il y a une pétition ou un particulier qui harcèle le Collège. Ce n'est pas productif : tous les citoyens ont le même besoin de calme et sécurité mais en même temps on est tous automobilistes, d'où l'idée d'un plan global « vitesse - sécurité -bruit » où on priorise avec des critères objectifs. Il faut embarquer le citoyen dans une réflexion et une participation à un plan global. Le problème n°1, ce n'est pas l'automobiliste, c'est de resocialiser l'espace public dans les villages pour que l'automobiliste pense naturellement « attention j'entre dans un espace de vie ».
On le voit : sans animosité mais avec de vraies divergences d'opinion exprimées sans détour, majorité et minorité font tourner la « machine démocratique ». Aux électeurs de livrer leur verdict dans trois ans.