Economie
Rachats, fusions, reventes: la stratégie du groupe cinacien Familia pour augmenter la taille moyenne de ses pharmacies
publié le:28/04/2021 13:35:00 - mis à jour: 29/04/2021 15:27:48
À Rochefort puis à Dinant, les pharmacies "Multipharma" ont été reprises par "Familia". Le groupe cinacien, ex "EPC", prend-il pour autant l’ascendant sur l’un de ses principaux concurrents? Pas forcément !
Portes closes et grille fermée, la pharmacie "Multipharma" à Dinant, face à la gare, vient de stopper définitivement ses activités. L'officine a été rachetée par le concurrent voisin d'une bonne centaine de mètre sur l'autre rive, le groupe "EPC-Familia". A Dinant, comme à Rochefort, Familia s'est imposé au détriment de Multipharma. Mais, à l'échelle de la Wallonie, le constat est bien plus nuancé puisque ce type d'opération entre les deux coopératives est réciproque, comme l'affirme Benoît Calande, directeur d'exploitation pour "EPC-Familia":
Nous avons réalisé plusieurs fusions de pharmacies, comme ici à Dinant ou encore à Rochefort. Mais nous en avons cédé également là où la rentabilité n'était plus suffisante, avec peu de perspective d'amélioration.
Avec ces opérations de reprise d'officines, l'objectif des repreneurs est d'augmenter la taille de leur pharmacie. Si bien que l'avenir dans le milieu semble se diriger vers la suppression de certaines officines de petite taille, là où la concentration de pharmacies, bien souvent en ville, est jugée trop importante, poursuit Thomas Calande :
Les pharmacies isolées dans les villages ou petites villes ne sont pas concernées par ce phénomène. Leur taille est suffisante. Ce qui est moins le cas dans certaines villes où vous pouvez retrouver quatre à cinq officines dans la même rue.
"Notre métier de pharmacien ne se résume pas à vendre des boîtes"
Dans les petites officines, il devient aussi compliqué pour le pharmacien, souvent seul, d'assumer l'ensemble de ses tâches. Le métier évolue et exige un suivi du patient plus personnalisé, et par conséquent, plus chronophage, en témoigne Mailis Bianu, pharmacienne dans l'officine du groupe "EPC-Familia" à Dinant:
Notre métier de pharmacien ne se résume pas à vendre des boîtes. Nous sommes là pour dispenser des soins. Le suivi personnalisé des patients prend du temps. Un temps qu'il est parfois impossible à consacrer lorsque l'on doit gérer seule sa pharmacie, avec toutes les tâches que cela comporte.
"EPC-Familia", la coopérative cinacienne, compte aujourd'hui un peu plus de nonante pharmacies réparties sur l'ensemble de la Wallonie, plus deux en Région bruxelloise. Un nombre qui pourrait donc peut-être diminuer dans le futur s'il suit la tendance d'agrandissement de la taille moyenne des pharmacies.