Enseignement
Réforme de l'enseignement qualifiant : inquiétudes du côté des patrons d'entreprises
publié le:20/01/2025 13:50:00 - mis à jour: 21/01/2025 15:32:30
La suppression des 7ème années entraîne une levée de boucliers depuis l'annonce de cette mesure par le nouveau Gouvernement. Du côté des employeurs aussi on ne voit pas cette réforme d'un bon oeil.
Florian Evrard est patron d'une société d'électricité et de climatisation. Depuis sa sortie d'école, il met un point d'honneur à engager en priorité des frigoristes diplômés d'une 7ème année de l'école de Saint-Joseph à Ciney.
Sur les six personnes de l'entreprise, nous sommes cinq à avoir suivi cette formation de climatisation qui est très enrichissante. Je suis moi-même sorti de cette école donc je connais très bien la qualité de cet enseignement. Toutes les personnes que j'ai engagées, je l'ai fait dès la fin de leur année.
Une mesure qui risque de faire fuir les étudiants
Avec la nouvelle réforme du gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles qui prévoit la suppression de cette 7ème année qualifiante au profit des centres de formation comme l'IFAPME, Florian Evrard craint une importante pénurie de main d'œuvre.
Il y aura beaucoup moins de personnes qui voudront s'inscrire à cette formation car elle se donnera en cours du soir. La 7ème année est beaucoup plus accessible qu'une formation en IFAPME. De plus, les étudiants devront payer eux-mêmes pour passer leurs attestations de frigoristes alors qu'à l'école, c'est l'établissement qui prend ça à sa charge.
Loïc Hyne, chef d'équipe au sein de l'entreprise ajoute :
Je trouve que cela va rallonger la période entre la sortie de l'école et l'entrée dans le monde du travail. L'avantage d'une 7ème année, c'est que nous n'avions qu'un an de formation et puis nous pouvions directement aller en entreprise et commencer à gagner notre vie. Ce qui n'est pas le cas avec l'IFAPME où il faut suivre trois ans de formation.
Un métier déjà en crise
Le métier de technicien du froid est déjà considéré comme une fonction critique par le Forem. Cela risque de s'aggraver au vu de la demande qui ne cesse d'augmenter, explique Florian Evrard.
Le travail ne manque pas, bien au contraire ! Avec les nouvelles normes imposées par l'Etat, nous installons de plus en plus de pompes à chaleur dans tous les nouveaux bâtiments. C'est demandé dans les cahiers techniques donc nous sommes obligés de le faire, mais cela va devenir très compliqué si on nous retire les ouvriers pour le faire.
L'entreprise de Florian Evrard prospère bien. En plus de son activité, il ouvrira bientôt un magasin. Un nouveau projet qui sera mené à bien uniquement s'il trouve assez de personnel qualifié.
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