Annelies Verlinden souhaite passer de 184 à 40 zones de police en Belgique. Les polices locales couvriraient alors des territoires plus grands. Edwin Dassonville (Houille-Semois) est perplexe.
Pour répondre aux critères de la réforme, annoncée récemment par la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden, les nouvelles zones de police devront compter au moins 500 policiers. Pour atteindre cet effectif dans notre arrondissement, il faudrait alors imaginer la fusion de plusieurs polices locales du sud de la Province de Namur, avec un territoire à couvrir qui pourrait alors s'étendre de Vresse-sur-Semois, le plus au sud, à Assesse, le plus au nord.
Un vaste territoire où l'adjectif "locale" placé après le mot police perd quelque peu son ancrage, déplore Edwin Dassonville, chef de corps de la zone "Houille-Semois":
Si on passe de 184 à 40 zones de police dans le pays, cela aura des impacts sur la police de proximité. Nous devrons travailler d'une autre manière sur un territoire bien plus large. Quel est l'objectif poursuivi par cette réforme ? Veut-on faire des économies ? Le modèle actuel ne fonctionne-t-il pas bien ? Cette annonce suscite chez nous de nombreuses interrogations. Nous n'avons pas encore été concertés. Toutefois, si cette réforme aboutit, nous nous conformerons aux volontés du ministère.
Partenariat "Houille-Semois" et "Lesse et Lhomme"
Le terme fusion n'effraie pas pour autant le chef de corps de la police "Houille-Semois". Sa zone de police collabore quotidiennement avec la zone "Lesse et Lhomme". Sans pour autant être fusionnées, ces deux zones de police dans notre arrondissement sont associées par un protocole d'accord depuis 2021 pour plusieurs missions et tâches quotidiennes, précise le chef de corps :
Nous collaborons pour certaines gardes, pour des contrôles routiers, pour l'achat de véhicules, ou encore pour certaines enquêtes. Nous avons trouvé un point d'équilibre. De la sorte, ce partenariat nous suffit, et il n'y a pas de fusion à l'ordre du jour.
Un équilibre qui permet aux deux zones respectives d'assurer les normes minimales de service à la population avec, par exemple, un officier de garde présent 7 jours sur 7 et 24h/24. Vient là, un des intérêts de la fusion des zones de police. Fabrice Discry est délégué permanent au syndicat national du personnel de police et de sécurité :
Avec un problème de financement, ces normes minimales de fonctionnement sont de plus en plus difficiles à assurer pour les petites zones de police. Par cette réforme, la ministre de l'Intérieur joue une forme de chantage en promettant davantage de financement en cas de fusion.
Vingt ans après la dernière réforme des polices, cette nouvelle réforme, dont on ne connaît encore que les contours, pose de nombreuses interrogations et inquiétudes pour nos policiers locaux. Des zones de police chez nous qui pointent, à ce stade, un manque de concertation entre elles et la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden.