La majorité MR-CDH-DÉFI présente un plan de réforme de la Province. Elle va devoir assumer le coût croissant des zones de secours. ll va falloir chercher de l'argent ailleurs sur ses budgets et se réorganiser.
23,3 millions € à terme en 2024, c'est la somme que la Province de Namur va devoir dégager pour le financement des zones de secours. 5,5 millions sont à trouver en 2020, puis la somme ira en augmentant chaque année jusqu'à 2024. Une démarche de soulagement croissant de la part financée par les communes, démarche imposée par la Région wallonne, explique le député-président de la Province de Namur Jean-Marc Van Espen:
Le Gouvernement wallon nous impose d'intervenir dans le financement des zones de secours pour combler celui des communes. Au début, l'objectif était de 100%. Nous avons dit que ce n'était pas possible, cela a été ramené à 60 % (NDLR: 60 %en 2024: 20% cette année, puis en croissance de 10% tous les ans). A terme, cela réprésentera 20% des dépenses de la Province, donc c'est un effort fondamental.
Pas de licenciements
Pour mobiliser cet argent sans augmenter la fiscalité des citoyens, il y aura nécessité de réorganiser la structure provinciale et ses compétences. C'est l'un des objets de ce plan de réforme de la majorité MR-CDH-DÉFI. Certaines mesures sont internes et il y aura des coupes:
Il y a quelques métiers qui ne vont plus être exercés dès 2021, cela concerne le service des relations internationales, la cellule du cinéma, la cellule environnement, le tourisme,...
Ainsi que l'imprimerie provinciale, l'office des métiers d'art, le centre de documentation en arts, la cellule sport et la centrale Télépronam. Concernant le personnel, la majorité assure qu'il n'y aura aucun licenciement, mais des non-remplacements de départs ou de la mobilité dans les postes, par exemple.
Au rang des mesures externes: il y aura moins -voire plus du tout, selon les cas- d'aides à certaines entités:
Les communes sont concernées. On leur donne le moyen de payer moins les zones de secours mais inversément, il y a quelques services qui ne seront plus rendus, ou pas aussi bon marché, cela concerne les aides verticales. Par contre, nous souhaitons rester présents dans la supracommunalité. Là où les communes ne parviennent pas de façon autonome à développer des politiques, on va continuer à le faire.
Et puis il y a des ASBL qui seront concernées, la Fédération du Tourisme, et d'autres. Les intercommunales feront partie de l'effort également.
Une réforme en quatre pôles
La majorité préfère voir dans ce plan un défi qui lui permet de réinstaurer l'importance de l'institution provinciale via quatre pôles principaux, dans lesquels certains rôles seront, au contraire, renforcés.
- L'enseignement et la formation: "Il n'y a pas de modification particulière."
- La culture: "On restera un animateur culturel et on continuera à soutenir les centres culturels locaux."
- Le vivre-mieux. Il regroupera des activités du médico-social: santé mentale, santé scolaire, "santé et société".
- La transition territoriale: "En développement durable, numérique, en développement de la mobilité douce, tout ce que l'on fait sera poursuivi."
L'opposition: "On est très surpris sur le plan médico-social"
L'opposition PS et Ecolo s'est invitée à la conférence de présentation de ce plan de réforme. Elle adresse des reproches à la majorité sur le fond comme sur la forme, détaille Antoine Piret, conseiller provincial socialiste:
Il y a eu un mépris à l'égard de la concertation sociale, à la fois avec les services et avec la minorité. On avait abordé les travaux il y a quelques mois, pour essayer d'aboutir de manière constructive à une réforme de la Province. Et la majorité a décidé de passer en force, alors qu'une deuxième réunion majorité/minorité était prévue la semaine prochaine. Et puis les mesures sont annoncées ici brutalement, sans que le personnel et les directions de services aient été associés à la réflexion.
Sur le fond:
Le menu qu'on nous présente est assez indigeste. On voit par exemple qu'on supprime Télépronam, un service d'aide aux personnes âgées, c'est de la télévigilance. Est-ce qu'on tire les conséquences du coronavirus? Nous ne le croyons pas, c'est aberrant. Deuxièmement, on supprime la promotion de la santé, alors que tout le monde dit qu'on n'investit pas assez. On est très surpris sur le plan médico-social.