Portrait

Femmes inspirantes (1) : Régine Florent, la militante "pro-consigne"

publié le:08/03/2022 15:07:00 - mis à jour: 11/03/2022 10:55:26

La Dinantaise Régine Florent se bat depuis des années pour l'instauration d'une consigne sur les canettes et les bouteilles en plastique.

Il est de plus en plus rare de retrouver Régine Florent le long d'une route en train de ramasser des déchets. Autrefois convaincue de la démarche, la Dinantaise la trouve aujourd'hui contre-productive:

Le ramassage fait par les citoyens dédouane les industriels de leur responsabilité. Du coup, les décideurs politiques minimisent le problème.

Cette professeure d'Anglais à l'IHECS mène le même combat depuis près de dix ans. Elle voudrait que la Belgique instaure une consigne pour ses canettes et ses bouteilles. Elle inciterait ainsi les acheteurs à ramener leur contenant moyennant quelques centimes d'euros.

La première fois que j'étais entendu parler de la consigne sur les canettes et les bouteilles en plastique, c'était à la BBC. Le reportage évoquait la démarque en Norvège et je me suis demandé pourquoi on ne l'appliquait pas chez nous.

Devant le parlement

La Dinantaise a alors pris son bâton de pélerin. Elle a envoyé des lettres, fait tourner des pétitions et s'est retrouvée il y a moins d'un an devant les parlementaires wallons. Ce jour-là, une action symbolique se déroule au même moment devant l'hémicycle. Neuf mètres cubes de sacs bleus sont déversés par des manifestants "pro-consigne".

J'ai été entendue mais je ne suis pas certaine d'avoir été écoutée. Mais le combat continue. Il y avait la pétition, il y a aussi pour l'instant une proposition de décret qui a été déposée par le CDH. Les auditions continuent également au Parlement wallon, elles concernent des pro et des anti-consignes.

Pour Régine Florent, le combat est très loin d'être terminé.

Les citoyens demandent la consigne. Mais Fost Plus est contre. Derrière cet organisme se cachent les industriels et la grande distribution. Pour eux, le système actuel est idéal parce qu'il est très vendeur.

Persuadée que les pays scandinaves sont des exemples à suivre, la Dinantaise s'étonne de cet immobilisme à la belge.

Bien entendu, je ne vais pas défendre les gens qui jettent. Mais il y a trente ou quarante ans, s'il y avait beaucoup moins de déchets sauvages, c'est aussi parce qu'il y avait nettement moins de jetables dans notre mode de consommation.

Du côté flamand, un appel à signer le même type de pétition a été lancé. Adressée au Parlement flamand, elle a besoin de 15.000 signatures. Tout personne résidant en Belgique peut la signer sur le site suivant: https://www.canalitup.org/fr/deposithon-fr/ 

>> Ce portrait fait partie de notre série "Femmes inspirantes" réalisée dans le cadre de la semaine internationale dédiée aux Droits de la Femme:

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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