Élevage

Retour de la maladie de la langue bleue, vers une chute des prix du bétail ?

publié le:17/10/2023 16:14:00 - mis à jour: 18/10/2023 18:22:28

Image PEXELS

Depuis la détection d'un cas de maladie de la langue bleue à Anvers, les exportations de bovins et d'ovins belges sont à l'arrêt. Les éleveurs redoutent une chute drastique du prix du bétail.

La fièvre catarrhale ovine, ou la maladie de la langue bleue, est de retour en Belgique sous la forme d'un variant : le sérotype trois. Un cas a été détecté en région anversoise. Cette maladie virale touche les ruminants, essentiellement les moutons, mais elle affecte également les bovins, comme le précise Christian Quinet, directeur du laboratoire de l'ARSIA, l'Association Régionale de Santé et d'Identification Animales:

Les symptômes sont nombreux : fièvre, abattement, une diminution de la production de lait. On observe aussi de l'hypersalivation, ce qui provoque un manque d'appétit aussi bien chez les ovins que chez les bovins. Elle entraine alors dans certains cas de la mortalité.

Cette maladie se propage par un insecte, un petit moucheron qui pique les animaux. Elle ne présente aucun danger pour l'être humain, insiste Christian Quinet.

C'est une maladie qu'on connait depuis très longtemps, elle affecte uniquement les ruminants. Elle n'est absolument pas transmissible à l'homme. Il n'y a donc aucun risque pour les éleveurs et les vétérinaires en contact avec les animaux malades ou pour la consommation de viande.

Une dérogation pour l'export

Au-delà de la question sanitaire, c'est surtout l'impact économique qui inquiète les éleveurs. Suite à la détection de cette bête malade près d'Anvers, la Belgique a perdu son statut de pays indemne de la fièvre catarrhale. Conséquence, les exportations sont à l'arrêt. Benoit Cassart, secrétaire de la Fédération Nationale du Commerce de Bétail et Viande, fait grise mine:

On exporte énormément vers les pays voisins, essentiellement les Pays-Bas. Or, aujourd'hui, on ne sait plus faire ces exportations. Sur le marché, quand les acheteurs italiens, hollandais et allemands manquent à l'appel, forcément il y a moins de demandes. Les prix sont plus bas et c'est une catastrophe pour les éleveurs.

Chaque année, 100.000 bovins vivants sont vendus à l'étranger. Si la situation n'évolue pas, les éleveurs risquent de perdre beaucoup d'argent.

Le sérotype 3 vient des Pays-Bas. Là-bas, ils sont infestés de cas. On détecte un cas chez nous et on ne peut plus exporter chez eux, c'est ridicule. On voudrait que la Belgique obtienne très rapidement une dérogation pour qu'entre zones contaminées, on puisse reprendre un commerce normal et soutenir le prix des éleveurs.

Les températures fraîches actuelles devraient freiner la prolifération de l'insecte piqueur. Mais le timing n'est pas idéal. La période de rentrée à l'étable est celle où les ventes sont les plus nombreuses entre marchands. Les éleveurs espèrent un déblocage de la situation d'ici la fin de la semaine.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30