Robert Closset rachète une maison au nez de La Dinantaise

publié le:18/08/2015 16:42:13 - mis à jour: 20/08/2015 11:53:26

Au Froidvau, une maison fissurée faisait l'objet d'un accord pris par le conseil communal et La Dinantaise pour être rachetée, démolie et reconstruite. Après des mois de tractations, la vente était sur le point d'être conclue. Mais Robert Closset vient d'acheter la maison.

Dans la série "Il se passe toujours quelque chose en politique dinantaise", voilà un nouvel épisode qui fera sourire ou grincer des dents, c'est selon.

On connaît la situation problématique des riverains du Froidvau, dont les maisons sont endommagées, semble-t-il, par les vibrations occasionnées par le charroi sur la route qui les jouxte. Une maison en particulier est considérée comme irréparable: murs fissurés, fondations menacées. Ses propriétaires avaient d'ailleurs lancé un appel à l'aide sur Facebook qui n'avait pas laissé les autorités communales insensibles.

>> Pour voir l'état de la maison, voici notre reportage de 2013: cliquez ici

>> En 2014, une expertise de l'INASEP avait imputé la cause de ces fissures non pas au charroi mais à un défaut des fondations de la maison: lisez ici

Face à la détresse de la famille, le conseil communal de Dinant et la société de logement public La Dinantaise avaient décidé d'inscrire le rachat de la maison dans le plan d'ancrage communal, bénéficiant ainsi de subsides régionaux. L'opération consistait en un rachat par la société La Dinantaise, puis une démolition aux frais de la Ville, et enfin la construction d'un nouvel immeuble par La Dinantaise.

Au bout de plusieurs mois d'étude et de tractations avec la Région wallonne, La Dinantaise venait d'être avisée du feu vert de la Société wallonne du Logement. L'achat n'était plus qu'une question de jours.

Mais une surprise de dernière minute est survenue: c'est finalement l'échevin Robert Closset en personne qui a racheté la maison aux malheureux propriétaires! La vente a eu lieu lundi. Robert Closset s'en explique:

"J'ai une entreprise générale en bâtiment, et j'ai toujours été intéressé par cette maison. Je n'ai jamais pensé qu'elle était irréparable. Ce n'est pas la première maison fissurée que je vois. Si on fait un nouveau cintrage et qu'on solidifie les fondations, cette maison tiendra encore des années. Bref, dès le début, j'ai marqué mon intérêt pour cette maison. Et puis lundi, j'ai été appelé par le notaire du vendeur à 14h. Il m'a donné 45 minutes pour venir signer l'achat de la maison. Il fallait faire vite parce que les propriétaires achetaient une autre maison dans l'après-midi même et ils voulaient bénéficier de droits d'enregistrements réduits, auxquels ils n'auraient pu prétendre s'ils étaient propriétaires d'une première maison. Voilà pourquoi j'ai dû aller vite et que je n'ai pas eu le temps de contacter La Dinantaise."

Omer Laloux: "Il y a quelque chose qui m'échappe"

Du côté de La Dinantaise, c'est la stupéfaction. Omer Laloux, son directeur, venait d'informer les propriétaires du feu vert pour le rachat de la maison par La Dinantaise. Ces derniers lui avaient fait part de leur joie. Omer Laloux ne comprend pas:

"Il y a quelque chose qui m'échappe. Robert Closset se dit prêt à nous revendre la maison. Mais pourquoi cette étape supplémentaire? Pourquoi cet achat inutile? Je suis désabusé par la situation. Je suis interpellé. On travaille pendant des mois pour solutionner ce dossier et in extremis il y a cette initiative dont je ne saisis pas le sens. Je ne vais pas en faire une affaire d'Etat mais je demande quand même un minimum de sérieux."

Reste un point à régler: qui va payer les frais de notaire de cet achat précipité? Robert Closset est formel:

"C'est vrai, je suis disposé à revendre le bien à La Dinantaise mais à deux conditions: d'une part si le rachat ne dure pas des mois et d'autre part si mes frais de notaire sont pris en charge par l'acquéreur. Je suis un entrepreneur, pas une banque. Si ce n'est pas le cas, je la retaperai et je la revendrai ou je la garderai pour mes enfants."

EDIT: la réaction de la propriétaire

Sylviane Taviet, la propriétaire de la maison, tient à contrebalancer les informations livrées par M.Closset:

"Nous avons dû racheter une maison, non pas lundi, mais il y a un an, parce que notre maison du Froidvau était inhabitable. Nous avions un an jour pour jour pour revendre notre maison du Froidvau et bénéficier des taux réduits d'enregistrement. En janvier de cette année, nous avons signé un compromis de vente avec La Dinantaise pour un prix qui couvre à peine plus que le prix du terrain. Ce compromis de vente a été dénoncé quatre mois plus tard par La Dinantaise, parce que la démolition coûtait plus que prévu. Nous étions vraiment dans l'impasse. C'est alors que Robert Closset s'est proposé de racheter la maison, pour le même prix que La Dinantaise. Nous avons accepté mais nous n'avons plus eu de nouvelles. Mardi dernier, il y a une semaine, M.Laloux nous a fait part de l'acceptation de rachat par la Société wallonne du Logement, mais c'était beaucoup trop court puisque la maison devait être vendue le 18 août au plus tard, sous peine de devoir payer la totalité des frais d'enregistrement, plus une amende. Ensuite notre notaire a reçu une proposition de la part du notaire de M.Closset, mais pour une passation d'acte en septembre. C'est pour cette raison que notre notaire a demandé une signature en urgence à M.Closset."

EDIT: Richard Fournaux: "Ma priorité, c'est la réfection de la voirie"

Pour rappel, la Région Wallonne avait refusé à l'époque d'effectuer des travaux de voirie après avoir jugé la maison instable. Les travaux ont depuis lors été mis entre parenthèse. Richard Fournaux fait le point:

« Le fond du problème n'est pas tant que la maison appartienne à La Dinantaise ou à Robert Closset. Le fond du problème est que cette maison à elle seule bloque la réfection de toute la voirie du Froidvau. Voilà ma priorité. Je ne veux plus attendre. Il en va de la sécurité routière. (...) Dans le projet de La Dinantaise, nous devions intervenir financièrement à hauteur de 17.000 euros pour la démolition de l'habitation. Dans le cas du rachat de la maison par Robert Closset, il est bien évidemment que la ville ne déboursera pas un franc. » 

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